sauver nos églises : des pistes farfelues
Le Forum Catholique
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Cristo - 2024-11-06 14:26:46
sauver nos églises : des pistes farfelues
totalement hors-sol, le bav(ass)eux ! Grosse confusion des causes et des conséquences ...
« Recruter des diacres, diversifier les événements culturels : quelques pistes pour sauver nos églises »
Tribune
Jean-Baptiste de Varax
Avocat au barreau des Hauts-de-Seine
Les états généraux du patrimoine religieux, lancés par la Conférence des évêques de France, durent jusqu’au mois de décembre. Jean-Baptiste de Varax rappelle qu’une utilisation renouvelée des églises paroissiales est possible, afin d’éviter leur disparition du paysage.
Jean-Baptiste de Varax, le 06/11/2024
Les états généraux du patrimoine religieux, lancés par la Conférence des évêques de France, durent jusqu’au mois de décembre. Ils constituent une occasion privilégiée pour réfléchir à l’avenir du patrimoine religieux catholique en France métropolitaine, notamment des églises paroissiales construites avant 1905 (hors Alsace-Moselle) qui appartiennent aux communes.
Après des années de baisse de la pratique religieuse et de désertification des campagnes, le nombre de clochers apparaît disproportionné par rapport aux besoins réels. Le coût de leur entretien peut représenter une charge importante pour des communes rurales aux moyens limités, notamment pour les églises construites au XIXe siècle et ne bénéficiant d’aucune mesure de protection au titre des monuments historiques. Le risque est que ces églises soient fermées, cessent d’être entretenues, fassent l’objet d’arrêtés de péril et soient désaffectées voire démolies. Pourtant nos concitoyens, même non pratiquants, y demeurent majoritairement attachés.
La solution diaconale
Le maintien des budgets destinés à l’entretien des églises implique en pratique qu’elles soient utilisées. L’utilisation idéale reste l’exercice du culte, qui pourrait s’appuyer davantage sur les diacres pour fournir un « service du culte de proximité ». Mais lorsqu’en pratique, un tel usage est inexistant ou insuffisant, une ouverture de certains espaces des églises à des utilisations autres que cultuelle pourrait être envisagée. Il apparaît préférable de sauver le chœur, même au prix d’une désaffectation passagère de la nef, plutôt que de laisser s’effondrer l’ensemble de l’église.
L’utilisation des églises conformément à leur destination initiale reste la meilleure garantie de leur pérennité. Mais il n’est plus possible de demander à des prêtres de moins en moins nombreux de desservir de plus en plus de lieux de culte. La pratique actuelle dans ces immenses paroisses consiste le plus souvent à avoir une messe dominicale fixe dans un clocher, une autre messe en alternance entre les autres clochers.
Une alternative insuffisamment explorée est celle d’un développement substantiel du diaconat permanent, affecté à un clocher unique, pour y dispenser certains sacrements de proximité tels que les baptêmes. Ces diacres seraient des catholiques pratiquants, qui se verraient proposer cet engagement au seuil de leur retraite, fournissant un but stimulant à une période de la vie qui en est parfois dépourvu et, sur un plan plus matériel, dans les diocèses dont les finances le permettent, un revenu complémentaire à leur retraite.
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Pour éviter aux futurs diacres d’avoir à se déplacer dans des séminaires souvent éloignés de leur lieu de résidence, ils pourraient suivre les cours en visioconférence et ne s’y déplacer que pour leurs examens. Une fois ordonnés diacres et en cas de décès du conjoint, ces diacres pourraient constituer un vivier de futurs prêtres. La réussite de ces projets impliquerait toutefois une réorientation de la pastorale des vocations vers les personnes approchant de l’âge de la retraite.
Coexistence des usages
En l’absence ou l’insuffisance d’utilisation cultuelle une solution intermédiaire pourrait être d’envisager des affectations autres, au-delà des concerts, avec par exemple un traitement différencié des différents espaces de l’église. Une telle coexistence d’usages est moins inédite qu’il n’y paraît. Par exemple à Lyon, la chapelle Saint-Jacquême, aujourd’hui détruite, était à la fois un lieu de culte mais faisait également office de salle du conseil municipal entre 1320 et 1455 ainsi que de dépôt d’archives. Aujourd’hui, une commune pourrait trouver un intérêt à cette coexistence en utilisant des locaux supplémentaires sans avoir à les acquérir ou à régler un loyer à ce titre.
La commune serait toutefois tenue au respect du principe de laïcité, qui limite les usages possibles. Ainsi la tenue d’un bureau de vote dans l’église paroissiale de Cizancourt (Somme) a été considérée comme contraire à ce principe. Néanmoins entreposer des archives dans un bas-côté, avec un accès aux espaces de stockage réservé au personnel municipal, apparaît moins susceptible de contrevenir au principe de laïcité.
Mais la principale condition de cette coexistence est l’accord de l’affectataire, conformément à l’article L. 2124-31 du code général de la propriété des personnes publiques. À ce titre, l’affectataire pourrait rappeler la prééminence de l’activité cultuelle, qui aurait pour corollaire le caractère précaire et réversible des autres activités exercées dans l’église, lesquelles pourraient être arrêtées à tout moment à l’initiative de l’affectataire, sous réserve du respect d’un préavis raisonnable.
Dans le cadre de la coexistence d’usages, l’affectataire pourrait admettre une utilisation partagée de la nef comme espace d’archivage le long des murs et salle de réunion en son centre mais se réserver l’exclusivité de l’usage du chœur, partie la plus sacrée, avec la satisfaction d’y avoir pérennisé, pour paraphraser le verset 36 du chapitre 11 du Premier Livre des Rois : « Une lampe qui brille devant (Dieu). »
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Michel 6/11/24 - 12h58
Toutes ces propositions sont mûries avec sérieux. Merci de les avoir partagées pour qu’elles progressent dans nos visions. Renforcer la place des diacres qui ont déjà une bonne expérience de la vie est particulièrement souhaitable, en l’associant avec une vision très œcuménique, car que pasteurs, popes ou les équivalents des diacres dans ces religions puissent officier dans les églises ne devrait pas poser problème.
Jean-Pierre 6/11/24 - 12h33
Surprenant notre attachement aux églises même pour ceux qui ne croient pas. Un parent proche ,qui attendait toujours hors de l'église lors d'un enterrement dans un petit village de mon département de naissance dans le sud, a été ravi de la voir restaurée et a tenu à m'y accompagner pour me faire voir tout ce qu'on y avait fait. Même moi, qui ne suis pas croyant, entre volontiers dans les églises. Après tout les religions ont toujours accompagné les hommes depuis le début de leur histoire et ,croyants ou pas, nous faisons partie de cette histoire.
https://www.la-croix.com/a-vif/recruter-des-diacres-diversifier-les-evenements-culturels-quelques-pistes-pour-sauver-nos-eglises-20241106
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=981524