Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2024-10-05 00:34:51

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



LIVRE HUITIÈME
DE LAMOUR DE CONFORMITÉ PAR LEQUEL NOUS UNISSONS NOTRE VOLONTÉ A CELLE DE DIEU, QUI NOUS EST SIGNIFIÉE PAR SES COMMANDEMENTS, CONSEILS ET INSPIRATIONS.


CHAPITRE PREMIER
De l'amour de conformité provenant de la sacrée complaisance.


Comme la bonne terre ayant reçu le grain, le rend en sa saison au centuple, ainsi le coeur qui a pris de la complaisance en Dieu ne se peut empêcher de vouloir réciproquement donner à Dieu une autre complaisance.

Nul ne nous plaît à qui nous ne désirions de plaire. Le vin frais rafraîchit pour un temps ceux qui le boivent; mais soudain qu'il a été échauffé par l'estomac dans lequel il entre, il l'échauffe réciproquement; et plus l'estomac lui donne de chaleur; plus il lui en rend.

Le véritable amour n'est jamais ingrat, il tâche de complaire à ceux esquels il se complaît; et de là vient la conformité des amants qui nous fait être tels que ce que nous aimons.

Le très dévot et très sage roi Salomon devint idolâtre et fou, quand il aima les femmes idolâtres et folles, et eut autant d'idoles que ces femmes en avaient. L'Écriture appelle pour cela efféminés les hommes qui aiment éperdument les femmes pour leur sexe, parce que l'amour les transforme d'hommes en femmes quant aux moeurs et humeurs.

Or, cette transformation se fait insensiblement par la complaisance, laquelle étant entrée en nos coeurs, en engendre une autre pour donner à celui de qui nous l'avons reçue.

On dit qu'il y a ès Indes un petits animal terrestre qui se plaît tant avec les poissons et dans la mer, qu'à force de venir souvent nager avec eux, enfin il devient poisson; et d'animal terrestre, il est rendu tout à fait animal marin. Ainsi à force de se plaire en Dieu on devient conforme à Dieu, et notre volonté se transforme en celle de la divine Majesté par la complaisance qu'elle y prend.

L'amour, dit saint Chrysostome, ou il trouve, ou il fait la ressemblance; l'exemple de ceux que nous aimons a un doux et imperceptible empire et une autorité insensible sur nous il est forcé de les quitter ou de les imiter.

Celui qui, attiré de la suavité des parfums, entre en la boutique d'un parfumeur, en recevant le plaisir qu'il prend à sentir ces odeurs, il se parfume soi-même; et au sortir de là il donne part aux autres du plaisir qu'il a reçu, répandant entre eux la senteur des parfums qu'il a contractée.

Avec le plaisir que notre coeur prend en la chose aimés, il tire à soi les qualités d'icelle ; car la délectation ouvre le coeur, comme la tristesse le resserre; dont l'Écriture sacrée use souvent du mot de dilater, en lieu de celui de réjouir.

Or, le coeur se trouvant ouvert par le plaisir, les impressions des qualités desquelles le plaisir dépend, entrent aisément en l'esprit; et avec elles les autres encore qui sont au même sujet, bien qu'elles nous déplaisent, ne laissent pas d'entrer en nous parmi la presse du plaisir; comme celui qui sans robe nuptiale entra au festin parmi ceux qui étaient parés.

Ainsi les disciples d'Aristote se plaisaient à parler bègue comme lui, et ceux de Platon tenaient les épaules courbées à son imitation. En somme, le plaisir que l'on a en la chose, est un certain fourrier (désigne ici, ce que l'auteur explique lui-même, celui qui fourre, qui introduit), qui fourre dans le coeur amant les qualités de la chose qui plaît.

Et pour cela la sacrée complaisance nous transforme en Dieu que nous aimons; et à mesure qu'elle est grande, la transformation est-plus parfaite. Ainsi les saints qui ont grandement aimé, ont été fort vitement et parfaitement transformés, l'amour transportant et transmettant les moeurs et humeurs de l'un des coeurs en l'autre.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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