Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
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ami de la Miséricorde - 2024-09-14 07:33:38
Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
CHAPITRE II
Des divers degrés de la sainte union qui se fait en l'oraison.
A cette union le divin berger des âmes provoquait sa chère Sulamite. Mettez-moi, disait-il, comme un sceau sur votre coeur, comme un cachet sur votre bras. Pour bien imprimer un cachet sur la cire, on ne le joint pas seulement, mais on le presse bien serré. Ainsi veut-il que nous nous unissions à lui d'une union si forte et pressée que nous demeurions marqués de ses traits.
Le saint amour du Sauveur nous presse. O Dieu, quel exemple d'union excellente ! il s'était joint à notre nature humaine par grâce, comme une vigne à son ormeau, pour la rendre aucunement participante de son fruit. Mais voyant que cette union s'était défaite par le péché d'Adam, il fit une union plus serrée et pressante en l'Incarnation, par laquelle la nature humaine demeure à jamais jointe en unité de personne à la Divinité.
Et afin que non seulement la nature humaine, mais tous les hommes pussent s'unir intimement à sa bonté, il institua le sacrement de la très sainte Eucharistie, auquel un chacun peut participer pour unir son Sauveur à soi-même réellement et par manière la viande (chair, aliment en général).
Théotime, cette union sacramentelle nous sollicite et nous aide à la spirituelle de laquelle nous parlons.
CHAPITRE III
Du souverain degré d'union par la suspension et ravissement.
Soit donc que l'union de notre âme avec Dieu se fasse imperceptiblement, soit qu'elle se fasse perceptiblement, Dieu en est toujours l'auteur, et nul ne peut s'unir à lui, s'il ne va à lui : nul ne peut aller à lui, s'il n'est tiré par lui, comme témoigne le divin époux, disant:
Nul ne peut venir à moi, sinon que mon Père te tire : ce que sa céleste épouse proteste aussi, disant : Tirez-moi, nous courrons à l'odeur de vos parfums.
Or, la perfection de cette union consiste en deux points : qu'elle soit pure et qu'elle soit forte. Ne puis-je pas m'approcher de quelqu'un pour lui parler, pour le mieux Voir, pour obtenir quelque chose de lui, pour odorer (flairer) les parfums qu'il porte, pour m'appuyer sur lui ?
Et alors je mapproche voirement (vraiment) de lui et je me joins à lui mais l'approchement et l'union n'est pas ma principale prétention, ains je m'en sers seulement comme un moyen et d'une disposition pour obtenir une autre chose.
Que si je m'approche de lui et me joins à lui, non pour aucune autre fin que pour être proche de lui, et jouir de cette prochaineté et union; c'est alors un approchement d'union pure et simple.
Ainsi plusieurs s'approchent de notre Seigneur, les uns pour l'ouïr, comme Magdeleine; les autres pour être guéris, comme l'hémorroïsse; les autres pour l'adorer, comme les Mages ; les autres pour le servir, comme Marthe ; les autres pour vaincre leur incrédulité, comme saint Thomas; les autres pour le parfumer, comme Magdeleine, Joseph, Nicodème.
Mais sa divine Sulamite le cherche pour le trouver, et l'ayant trouvé, ne veut autre chose que de le tenir bien serré, et le tenant, ne jamais le quitter.
Je le tiens, dit-elle, et ne l'abandonnerai point. Jacob, dit saint Bernard, tenant Dieu bien serré, le veut bien quitter, pourvu qu'il reçoive sa bénédiction ; mais la Sulamite ne le quittera pas, quelle bénédiction qu'il lui donne ; car elle ne veut pas les bénédictions de Dieu, elle veut le Dieu des bénédictions, disant avec David: Qu'y a-t-il au ciel pour moi, et que veux-je sur la terre, sinon vous ? Vous êtes le Dieu de mon coeur et mon partage à toute éternité.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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