Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2024-08-18 22:28:05

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE VI

Que la contemplation se fait sans peine; qui est la troisième différence entre molle et la méditation.


Or, la simple vue de la contemplation se fait en lune de ces trois façons. Quelquefois nous regardons seulement à quelqu'une des perfections de Dieu, comme par exemple à son infinie bonté, sans penser aux autres attributs ou vertus d'icelui, comme un époux arrêtant simplement sa vue sur le beau teint de son épouse qui par ce moyen regarderait voirement tout son visage, d'autant que le teint est répandu sur presque toutes les pièces d'icelui, et toutefois ne serait attentif ni aux traits, ni à la grâce, ni aux autres parties de la beauté; car de même quelquefois l'esprit regardant la bonté souveraine de la Divinité, bien qu'il voie en icelle la justice, la sagesse, la puissance, il n'est néanmoins en attention que pour la bonté à laquelle la simple vue de la contemplation s'adresse.

Quelquefois aussi nous sommes attentifs à regarder en Dieu plusieurs de ses infinies perfections, mais d'une vue simple et sans distinction, comme celui qui d'un trait d'oeil passant sa vue dès la tête jusqu'aux pieds de son épouse richement parée, aurait attentivement tout vu en généra! et rien en particulier, ne sachant bonnement dire ni quel carcan (collet, vêtement, quelquefois collier de pierreries), ni quelle robe elle portait, ni quelle contenance elle tenait, ou quel regard elle faisait, ains seulement que tout y est beau et agréable; car ainsi par la contemplation on tire maintes fois un seul trait de simple considération sur plusieurs grandeurs et perfections divines tout ensemble, et n'en saurait-on toutefois dire chose quelconque en particulier, sinon que tout est parfaitement bon et beau.

Et enfin nous regardons dautres fois, non plusieurs ni une seule des perfections divines, ains seulement quelque action ou quelque oeuvre divine à laquelle nous sommes attentifs, comme par exemple à l'acte de la Miséricorde par lequel Dieu pardonne les péchés, ou à l'acte de la création, ou de la résurrection du Lazare, ou de la conversion de saint Paul; ainsi qu'un époux qui ne regarderait pas les yeux, ains seulement la douceur du regard que son épouse jette sur lui, ne considérerait point sa bouche, mais la suavité des paroles qui en sortent.

Et lors, Théotime, l'âme fait une certaine saillie d'amour, non seulement sur l'action qu'elle considère, mais sur celui duquel elle procède :

Vous êtes bon, Seigneur, et en votre bonté apprenez-moi vos justifications. Votre gosier, c'est-à-dire, la parole qui en provient, est très suave, et vous êtes tout désirable. Hélas ! que vos paroles sont douces à mes entrailles, plus que le miel à ma bouche ! Ou bien avec saint Thomas: Mon Seigneur et mon Dieu ! Et avec sainte Magdeleine : Rabboni, ah ! mon Maître !

Mais en quelle des trois façons que l'on procède, la contemplation a toujours cette excellence, quelle se fait avec plaisir, d'autant qu'elle présuppose que l'on a trouvé Dieu et son saint amour, qu'on en jouit et qu'on s'y délecte en disant :

J'ai trouvé celui que mon âme chérit, je l'ai trouvé, et ne le quitterai point.

En quoi elle diffère d'avec la méditation, qui se fait presque toujours avec peine, travail et discours, notre esprit allant par icelle de considération en considération, cherchant en divers endroits ou le bien-aimé de son amour, ou l'amour de son bien-aimé.

Jacob travaille en méditation pour avoir Rachel; mais il se réjouit avec elle, et oublie tout son trayait en la contemplation. L'époux divin, comme berger qu'il est, prépara un festin somptueux à la façon champêtre pour son épouse sacrée, lequel il décrit, en sorte que mystiquement il représentait tous les mystères de la rédemption humaine: Je suis venu en mon jardin, dit-il, j'ai moissonné ma myrrhe avec tous mes parfums, j'ai mangé mon bornai avec mon miel, j'ai mêlé mon vin avec mon lait; mangez, mes amis, et buvez, et vous enivrez, mes très chers.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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