des athlètes qui témoignent de leur foi (La Vie)

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Cristo -  2024-08-14 00:14:18

des athlètes qui témoignent de leur foi (La Vie)


JO 2024
Lors des Jeux Olympiques, la foi des athlètes a sa place sur le podium
Novak Djokovic, Cyréna Samba-Mayela, Yemisi Ogunleye… Plusieurs médaillés aux JO ont marqué les esprits en témoignant explicitement de leur foi, qui les porte. Retour sur un phénomène grandissant.
Par Henrik Lindell
Publié le 13/08/2024

Le sport et la foi fonctionnent bien ensemble. En tout cas, si on devait se fier aux signes de croix et aux prières de très nombreux athlètes, les Jeux olympiques de Paris en ont fourni des illustrations à profusion. Y compris des témoignages explicites, personnels et limpides des athlètes devant les caméras. Ainsi la lanceuse du poids allemande Yemisi Ogunleye qui, en pleine conférence de presse, après avoir gagné la médaille d’or, a chanté un gospel sur la grâce de Dieu qui, selon elle, lui a permis de persévérer dans l’épreuve. Ainsi Cyréna Samba-Mayela, qui après avoir remporté la médaille d’argent du 100 mètres haies et unique podium pour la France en athlétisme, a remercié Jésus et affirmé, au micro de Nelson Monfort sur France TV : « Sans la foi, je ne serais pas là. » Ainsi encore la spectaculaire action de grâce sur le terrain du tennisman serbe Novak Djokovic, qui a enfin gagné le seul titre qu’il n’avait pas : la médaille d’or aux JO.

Fait notable, aucun de ces gestes ou de ces témoignages n’a provoqué la moindre polémique. Ils semblent au contraire avoir touché positivement un public bien au-delà des milieux chrétiens, si on en juge par les commentaires qu’ils ont suscités sur les réseaux sociaux.

Un phénomène grandissant
« Ces expressions d’athlètes se sont banalisées et elles ne suscitent plus de polémiques et les médias ne les ridiculisent pas », se réjouit Arnaud Bouthéon, auteur de Comme un athlète de Dieu (Salvator) et membre du comité d’orientation du projet « l’Église catholique et JO de Paris 2024 ». Il précise : « Il s’agit d’un phénomène grandissant et en même temps naturel au sens où les champions expriment leur foi dans le prolongement de leur exploit sportif. Et tant que la foi est exprimée avant ou après l’épreuve, que cette expression ne parasite donc pas l’espace du jeu et qu’il n’y ait pas d’arrogance ni de prosélytisme, il n’y a aucune raison que cela cause des polémiques. »

Ce spécialiste du monde sportif rappelle aussi que « le monde de l’olympisme est plus ouvert au fait religieux que la Fifa, par exemple. Il permet ainsi mieux l’expression de la foi, en général ». Pour Arnaud Bouthéon, le monde du sport vient « labourer notre humanité à travers des épreuves difficiles ». À un moment donné, on voit aussi l’expression de la foi religieuse, qui doit avoir un espace de s’exprimer, « puisque le fait religieux traverse, lui aussi, l’humanité et il ouvre une porte sur le surnaturel ».

La foi offre un espace liberté intérieure
Mais pourquoi ce besoin de certains athlètes de dire leur foi ? Pour le spécialiste, il s’agit, au fond, « de rendre grâce à ce Dieu, à Jésus, qui rend possible la performance, le tout comme un prolongement naturel du geste sportif et non pas comme une revendication ». Il rappelle aussi le rôle particulier que la foi peut jouer pour un sportif : « Pour être athlète de haut niveau, nous dit-il, il faut avoir une discipline de vie et il faut travailler profondément son anthropologie personnelle par de l’introspection. Les athlètes sont souvent passés par des phases de grandes souffrances et de découragement. Pour persévérer, il faut avoir une vraie ascèse – un mot grec qui est étymologiquement lié à athlète – et une famille ou une communauté qui vous soutient. Dans ce contexte, il est certain que la foi est un supplément d’âme. Beaucoup de sportifs disent que la foi offre un espace de liberté intérieure. »

Une liberté d’autant plus nécessaire que les athlètes sont souvent des êtres blessés, obsédés par la performance et souffrent parfois de failles narcissiques : « Fragiles, voire névrosés, soumis à une pression de l’entourage, beaucoup d’entre eux trouvent dans la foi et dans la communauté à laquelle ils sont liés par leur foi une possibilité de se libérer par rapport à l’obsession de la performance et aussi se consoler. Ils peuvent se dire : j’offre tout pour une réalité qui va au-delà de mon ego. Le Jour J, ils peuvent rester concentrés, mais en même temps ils sont libérés. Et comme ils ont misé sur une réalité supérieure, les aléas de la fortune ne vont pas tout détruire. »

De fait, les athlètes cités plus haut ont tous les trois traversé d’importantes souffrances avant d’atteindre le podium aux JO de Paris. Yemisi Ogunleye doutait profondément d’elle-même, Cyréna Samba-Mayela a été victime d’un Covid long l’année dernière qui avait fortement réduit ses capacités et Novak Djokovic, à 37 ans, avait été opéré il y a deux mois et n’avait gagné aucune grande compétition cette année. Ils auraient donc pu tout abandonner, mais ils disent avoir trouvé dans leur foi en Jésus les ressources nécessaires pour persévérer. Ils ont donc voulu exprimer leur gratitude.

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