Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
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ami de la Miséricorde - 2024-06-28 07:29:01
Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
LIVRE QUATRIÈME
DE LA DÉCADENCE ET RUINE DE LA CHARITÉ.
CHAPITRE II
Du refroidissement de l'âme en l'amour sacré.
Elle la rendait infructueuse. Aussi les affections au péché véniel n'abolissent pas la charité; mais elles la tiennent comme une esclave, liée pieds et mains, empêchant sa liberté et son action.
Cette affection nous attachant par trop à la jouissance des créatures, nous prive de la privauté spirituelle entre Dieu et nous, à laquelle la charité, comme vraie amitié, nous incite.
Et par conséquent, elle nous fait perdre les secours et assistances intérieurs, qui sont comme les esprits vitaux et animaux de l'âme, du défaut desquels provient une certaine paralysie spirituelle; laquelle enfin, si on n'y remédie, nous conduit à la mort.
Car en somme la charité étant une qualité active, ne peut être longtemps sans agir ou périr. Elle est, disent nos anciens, de l'humeur de Rachel :
Donne-moi des enfants, disait celle-ci à son mari, autrement je mourrai. Et la charité presse le coeur auquel elle est mariée, de la féconder en bonnes oeuvres; autrement elle périra.
Nous ne sommes guère en cette vie mortelle sans beaucoup de tentations. Or, ces esprits vils, paresseux et adonnés aux plaisirs extérieurs, n'étant pas duicts (instruits) aux combats, ni exercés aux armes spirituelles, ils ne gardent jamais guère la charité, ains se laissent ordinairement surprendre à la coulpe mortelle :
ce qui arrive d'autant plus aisément, que par le péché véniel l'âme se dispose au mortel. Car, comme cet ancien ayant continué à porter tous les jours un même veau, le porta enfin encore quil fût devenu un gros boeuf, la coutume ayant petit à petit rendu insensible à ses forces l'accroissement d'un si lourd fardeau: ainsi celui qui s'affectionne à jouer des testons (petite monnaie d'argent frappée à l'image de Louis XII, valant dix à douze sous.), jouerait enfin des écus, des pistoles, des chevaux, et, après ses chevaux, toute sa chevance (son bien, de chevir être maître de...).
Qui lâche la bride aux menues colères, se trouve enfin furieux et insupportable; qui s'adonne à mentir par raillerie, est grandement en danger de mentir avec calomnie.
Enfin, Théotime, nous disons de ceux qui ont la complexion fort faible, qu'ils n'ont point de vie, qu'ils n'en ont pas une once, où qu'ils n'en ont pas plein le poing; parce que ce qui doit bientôt finir, semble en effet n'être plus.
Et ces âmes fainéantes, adonnées aux plaisirs et affectionnées aux choses transitoires, peuvent bien dire qu'elles n'ont plus de charité, puisque, si elles en ont, elles sont en voie de la perdre bientôt.
CHAPITRE III
Comme ou quitte le divin amour pour celui des créatures.
Ce malheur de quitter Dieu pour la créature arrive ainsi. Nous n'aimons pas Dieu sans intermission (alternative, interruption.) ; d'autant qu'en cette vie mortelle la charité est en nous par manière de simple habitude, de laquelle, comme les philosophes ont remarqué, nous usons quand il nous plaît, et non jamais contre notre gré.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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