Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2024-06-01 08:00:05

Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales



CHAPITRE II
Combien notre Seigneur a rendu aisé l'accroissement de l'amour.


Au commerce des vertus morales, les petites oeuvres ne donnent point d'accroissement à la vertu de laquelle elles procèdent, ains si elles sont bien petites, elles s'affaiblissent ; car une grande libéralité périt quand elle s'amuse à donner des choses de peu, et de libéralité elle devient chicheté (parcimonie, avarice). Mais au trafic des vertus qui-viennent de la Miséricorde Divine, et surtout de la charité, toutes oeuvres donnent accroissement.

Or, ce nest pas merveille si l'amour sacré, comme roi des vertus, n'a rien, ou petit ou grand, qui ne soit aimable; puisque le baume, prince des arbres aromatiques, n'a ni écorce, ni feuille qui ne soit odorante. Et que pourrait produire l'amour qui ne fût digne d'amour et ne tendît à l'amour?

CHAPITRE III
Comme lâme, étant en charité, fait progrès en icelle.


Employons une parabole, Théotime, puisque cette méthode a été si agréable au souverain Maître de l'amour que nous enseignons.

Un grand et brave roi ayant épousé une très aimable jeune princesse, et l'ayant un jour menée en un cabinet fort retiré pour s'entretenir avec elle plus à souhait, après quelques discours, il la vit tomber pâmée devant lui, par un accident inopiné. Hélas ! cela létonna extrêmement, et le fit presque tomber lui-même à coeur failli (en défaillance) de l'autre côté; car il l'aimait plus que sa propre vie.

Néanmoins, le même amour qui lui donna ce grand assaut de douleur, lui donna quant et quant (en même temps) la force de le soutenir, et il le mit en action pour, avec une promptitude nonpareille, remédier au mal de la chère compagne de sa vie, si qu'ouvrant de vitesse un buffet qui était là, il prend une eau cordiale infiniment précieuse, il ouvre de force les lèvres et les dents serrées de cette bien-aimée princesse, et faisant couler dans sa bouche cette précieuse liqueur, il la fait enfin revenir à soi et reprendre sentiment; puis il la relève doucement, et à force de remèdes, il la ravigore et ravive en telle sorte qu'elle commença à se lever sur pied et se promener tout bellement avec lui, suais non toutefois sans sou aide.

il l'allait relevant et soutenant par-dessous le bras jusques à ce qu'enfin il lui mit un épithème (topique différent des onguents) de si grande vertu et si précieux sur le coeur, que lors se sentant tout à fait remise en sa première santé, elle marchait toute seule d'elle-même; son cher époux ne la soutenant plus si fort, ains seulement lui tenant doucement sa main droite entre les siennes, et son bras droit replié sur le sien et sur sa poitrine, il lallait ainsi entretenant et lui faisant en cela quatre offices fort agréables car

1° il lui témoignait son coeur amoureusement soigneux d'elle;

2° il l'allait toujours un peu soulageant;

3° si quelque ressentiment de la défaillance passée lui fût revenu, il l'eût soutenue;
4° si elle eût rencontré quelque pas ou quelque endroit raboteux et malaisé, il l'eût retenue et, appuyée; et ès montées, ou quand elle voulait aller un peu vite, il la soulevait et supportait puissamment.

Il se tint donc avec ce soin cordial auprès d'elle jusques à la nuit, qu'il voulut encore l'assister quand on la mit dans son lit royal.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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