Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2024-05-26 07:40:04
Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
CHAPITRE XXI.
Comme les attraits amoureux de notre Seigneur nous aident et accompagnent jusqu'à la foi et la charité.
Que si l'inspiration nous ayant tirés à la fois ne rencontre point de résistance en nous, elle nous tire même jusques à la pénitence et charité.
Saint Pierre, comme un apode relevé par l'inspiration que les yeux de son maître lui donnèrent, se lais (?) saut librement mouvoir et porter-à ce doux vent du Saint-Esprit, regarde les yeux salutaires qui l'avaient excité, il lit en iceux, comme au livre de vie, la douce semonce du pardon que la débonnaireté divine lui offre.
Il en tire un juste motif d'espérance, il sort de la cour, il considère l'horreur de son péché et le déteste, il pleure, il gémit, il prosterne son misérable coeur devant celui de la Miséricorde de son Seigneur, il crie merci pour sa faute, il se résout à une inviolable fidélité; et par ce progrès de mouvements pratiqués à la faveur de la grâce qui le conduit, l'assiste et l'aide continuellement, il parvient enfin à la sainte rémission de ses péchés, passant ainsi de grâce en grâce, selon que saint Prosper assure, que sans la grâce on ne court point à la grâce.
Ainsi donc, pour conclure ce point, l'âme prévenue de la grâce, sentant les premiers attraits, et consentant à leur douceur, comme revenant à soi, après une si longue pâmoison, elle commence à soupirer ces paroles: Hélas! ô mon cher époux! mon ami !
tirez-moi, je vous prie, et me prenez par-dessous les bras, car je ne puis autrement aller; mais si vous me tirez, nous courrons: vous en m'aidant par l'odeur des parfums, et moi correspondant par mon faible consentement, et odorant vos suavités qui me renforcent et revigorent (fortifient) toute jusqu'à ce que le baume de votre nom sacré, c'est-à-dire l'onction salutaire de ma justification, soit répandu en moi.
Voyez-vous, Théotime, elle ne prierait pas, si elle n'était excitée; mais sitôt qu'elle l'est et quelle sent les attraits, elle prie qu'on la tire ; étant tirée, elle court : mais elle ne courrait pas, si les parfums qui l'attirent et par lesquels on la tire, ne lui avivaient le coeur par la force de leur odeur précieuse : et comme elle court plus fort, et qu'elle s'approche de plus près de son céleste époux, elle sent toujours plus délicieusement les suavités qu'il répand, jusqu'à ce qu'enfin lui-même s'écoule dedans son coeur par manière de baume répandu : si qu'elle s'écrie, comme surprise de ce contentement non sitôt attendu et inopiné :
ô mon époux, vous êtes un baume versé dans mon sein : ce n'est pas merveille si les jeunes âmes vous chérissent.
En cette façon, très cher Théotime, l'inspiration céleste vient à nous et nous prévient, excitant nos volontés à l'amour sacré.
Que si nous ne la repoussons pas, elle vient avec nous et nous environne, pour nous inciter et pousser toujours plus avant; et si nous ne l'abandonnons, elle ne nous abandonne point qu'elle ne nous ait rendus au port de la très sainte charité, faisant pour nous les trois offices que le grand ange Raphaël fit pour son cher Tobie:
car elle nous guide en tout notre voyage de la sainte pénitence; elle nous garantit des périls et des assauts du diable, et nous console, anime et fortifie en nos difficultés,
Source : Livres-mystiques.com
Sue Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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