Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
ami de la Miséricorde - 2024-04-03 23:26:41
Méditation avec Le Traité de l'Amour de Dieu de St François de Sales
CHAPITRE XV
De la convenance qui est entre Dieu et l'homme
Mais, outre cette convenance de similitude, il y a une correspondance nonpareille entre Dieu et l'homme pour leur réciproque perfection. Non que Dieu puisse recevoir aucune perfection de l'homme; mais parce que, comme l'homme ne peut être perfectionné que par la divine bonté aussi la divine bonté ne peut bonnement si bien exercer sa perfection hors de soi qu'à l'endroit de notre humanité.
L'un a grand besoin et grande capacité de recevoir du bien; et l'autre grande abondance et grande inclination pour en donner. Rien n'est si à propos pour lindigence, qu'une libérale affluence; rien si agréable à une libérale affluence, qu'une nécessiteuse indigence; et plus le bien a daffluence, plus l'inclination de se répandre et communiquer est forte.
Plus l'indigent est nécessiteux, plus il est avide de recevoir, comme un vide de se remplir. C'est donc un doux et désirable rencontre, que celui de l'affluence et de l'indigence; et ne saurait-on presque dire qui a plus de contentement, ou le bien abondant à se répandre et communiquer, ou le bien défaillant et indigent à recevoir et tirer, si Notre-Seigneur n'avait dit que c'est chose plus heureuse de donner que de recevoir.
Or, où il y a plus de bonheur, il y a plus de satisfaction la divine bonté a donc plus de plaisir à donner ses grâces, que nous à les recevoir.
Les mères ont quelquefois leurs mamelles si fécondes et abondantes, quelles ne peuvent durer sans bailler à quelque enfant; et bien que l'enfant suce la mamelle avec grande avidité, la nourrice la lui donne encore plus ardemment, l'enfant tétant, pressé de sa nécessité, et la mère l'allaitant, pressée de sa fécondité.
L'épouse sacrée avait souhaité le saint baiser d'union: Oh! dit-elle, qu'il me baise d'un baiser de sa bouche ! Mais y a-t-il assez de convenance, ô la bien-aimée du bien-aimé, entre vous et l'époux; pour parvenir à l'union, que vous désirez?
Oui, dit-elle, donnez-le-moi ce baiser d'union, ô le cher ami de mon âme. Car vous avez des mamelles meilleures que le vin, odorantes de parfums excellents. Le vin nouveau bouillonne et séchauffe en soi-même par la force de sa bonté, et ne se peut contenir dans les tonneaux; mais vos mamelles sont encore meilleures; elles pressent votre poitrine par des élans continuels, poussant leur lait qui redonde, comme requérant d'être déchargées : et pour attirer les enfants de votre coeur à les venir téter, elles répandent une odeur attrayante plus que toutes les senteurs des parfums.
Ainsi, Théotime, notre défaillance a besoin de l'abondance divine, par disette et nécessité ; mais l'affluence divine na besoin de notre indigence que par excellence de perfection et bonté. Bonté qui néanmoins ne devient pas meilleure en se communiquant, car elle, n'acquiert rien en se répandant hors de soi, au contraire elle donne; mais notre indigence demeurerait manquante et misérable, si l'abondance de la bonté ne la secourait.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=975670