Un liseur vous répond

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XA -  2024-03-04 22:59:34

Un liseur vous répond

Bonsoir,
à propos du message : Recherche Homélie/Commentaire Corinthiens par Henri Albert (2024-03-03 19:57:54)
et pour répondre à la demande de ce liseur, j'ai ici reproduit quelques commentaires. Voudriez-vous les mettre sur le site ? D'avance merci.
Bien cordialement.

* saint Augustin, Traité sur l'Evangile de saint Jean, 7,12 :
"Voici, mes frères, le remède que le Seigneur a préparé contre les maladies de l’âme. (...) Il est bon que tu ne t’affaires au sujet de la santé corporelle que pour la demander à Dieu. S’il sait qu’elle t’est utile, il te l’accordera ; s’il ne te l’a pas accordée, c’est qu’il ne te servirait pas de l’avoir. Combien gisent sur leur lit, malades et sans commettre de fautes, qui, s’ils étaient en bonne santé, se lanceraient dans le crime ? A combien la santé est-elle nuisible ? Le brigand qui se dirige vers un défilé pour tuer un homme, comme il vaudrait mieux pour lui qu’il soit malade ! Celui qui se lève la nuit pour percer le mur d’autrui, comme il vaudrait mieux pour lui qu’il soit secoué par la fièvre ! Malade, il serait sans faute ; en bonne santé, c’est un scélérat. Dieu sait donc ce qui nous est utile ; faisons seulement en sorte que notre cœur ne soit pas atteint par la maladie du péché, et quand il nous arrive d’être frappés dans notre corps, supplions-le. L’Apôtre Paul en a-t-il été troublé ? S’est-il plaint avec tristesse d’être abandonné ? Bien au contraire, il s’est déclaré d’autant moins abandonné qu’il gardait ce dont il voulait être délivré, pour la guérison de son infirmité. C’est ce qu’il a découvert en effet dans la parole du Médecin : Ma grâce te suffit, car la vertu se parfait dans l’infirmité (2 Co 12,7-9). Comment sais-tu donc que Dieu ne veut pas te guérir ? Il t’est encore avantageux d’être frappé. (...) Est-ce que les hurlements de l'opéré retiennent la main du chirurgien habile qui l'opère ? L'un crie, l'autre coupe. Est-il cruel s'il ne se rend pas aux cris, n'est-il pas plutôt miséricordieux en poursuivant le mal pour guérir le malade ? Si je vous parle ainsi, mes frères, c’est pour que personne ne cherche quelque chose en dehors du secours de Dieu, quand il nous arrive d’être corrigés par le Seigneur. Veillez à ne pas périr, prenez garde de vous éloigner de l’Agneau et d’être dévorés par le lion."

(Homélies sur l'Evangile de saint Jean, vol. I, DDB, 1969, Bibliothèque augustinienne 71, p. 431-435, éd. et trad. du P. M.-F. Berrouard , qui rajoute en note, à propos de cette citation de 2 Co 12 : “Lieu scripturaire, classique chez Augustin, pour expliquer que , si Dieu n’exauce pas toujours les justes demandes de notre prière, “non exaudet ad voluntatem ut exaudat ad sanitatem” (En in Ps 85,9)", puis il rajoute une série de références chez Augustin, dont je ne reprend que la suivante :)

* saint Augustin, Commentaire sur la 1ère Epître de saint Jean,VI,6-7 :
"Je l'ai déjà dit à votre charité : que personne ne fasse attention à nous; car, que sommes-nous ? Qu'êtes-vous vous-mêmes ? Quoi, sinon l'Eglise de Dieu, qui est connue de tous ? Et si cela nous convient, nous sommes en elle; et nous tous, qui, par la charité, nous trouvons dans son sein, nous y demeurerons toujours, si nous voulons faire preuve de l'amour qui nous anime. Cependant, que pourrions-nous penser de mal à l'égard de l'apôtre Paul ? N'aimait-il pas ses frères ? Sa conscience ne lui en rendait-elle pas intérieurement témoignage en présence de Dieu ? Est-ce que ne se trouvait pas en Paul cette racine de la charité, d'où provenaient, comme de bons fruits, toutes ses œuvres ? Où est l'homme assez fou pour tenir un pareil langage ? Où donc pouvons-nous reconnaître que cet Apôtre a demandé, sans néanmoins obtenir ? « De peur que la grandeur de mes révélations ne me donne de l'orgueil, un aiguillon a été mis dans ma chair, instrument de Satan, comme pour me donner des soufflets; c'est pourquoi j'ai prié le Seigneur de l'éloigner de moi. Il m'a répondu : Ma grâce te suffit, car la force se perfectionne dans la faiblesse (2 Co 12,7-9) » Voilà bien la preuve qu'il n'a pas été exaucé, et qu'on n'a pas éloigné de lui l'ange de Satan. Mais pourquoi ? Parce que cela ne lui était pas utile. Par rapport au salut, la prière de Paul a donc été exaucée, quoiqu'elle ne l'ait pas été relativement à son désir. Que votre charité remarque en cela un grand mystère ; nous vous le recommandons, afin qu'au milieu de vos tentations, vous n'en perdiez point le souvenir. Par rapport au salut, les prières des saints sont exaucées en tout ; toujours elles sont écoutées favorablement, quand il est question du salut éternel : ils souhaitent y parvenir ; aussi, relativement à lui, voient-ils toujours leurs vœux exaucés.
7. Mais, remarquons-le bien, Dieu a différentes manières d'exaucer : pour les uns, il les exauce en ce qui concerne leur salut, sans obtempérer à leurs désirs ; quant aux autres, il se conforme à leurs volontés, sans avoir égard au salut de leur âme. Faites-y attention. Voici l'exemple d'un homme dont Dieu a négligé les désirs pour assurer son salut. Ecoute l'apôtre Paul, car Dieu lui a montré qu'il l'exauçait dans la vue de son salut : « Ma grâce te suffit, car la force se perfectionne dans la faiblesse ». Tu as prié, tu as crié, tu as crié trois fois ; j'ai entendu tes cris dès le premier moment où ils sont montés vers moi ; je n'ai pas détourné mes oreilles; je sais ce que je ferai ; tu voudrais voir s'éloigner de toi le médicament qui te tourmente ; je connais le mal dont tu souffres. Dieu l'a donc écouté en ce qui intéressait son salut, sans condescendre à ses vœux. Quels sont ceux aux volontés desquels Dieu se conforme, sans avoir égard à leur salut ? Il est facile, je pense, de trouver un méchant, un impie, dont Dieu favorise les désirs et néglige le salut. Si je te cite l'exemple d'un pareil homme, tu me diras sans doute : Tu me le désignes comme pécheur, parce qu'il a été juste ; s'il n'était pas juste, Dieu ne l'exaucerait pas. Je vais t'en citer un, sur la méchanceté et l’impiété duquel personne n'élève de doutes. Le diable a demandé Job, et il l'a obtenu (Jb 1,11-12). Dans cette épître elle-même n'avez-vous pas lu que celui qui commet le péché est né du diable (1 Jn 3,8) ? Non pas qu'il ait été créé par le diable, mais parce qu'il l'imite. N'est-il pas encore écrit de lui : « Il ne s'est pas tenu dans la vérité (Jn 8,11) ? » N'est-il pas cet antique serpent qui, par l'intermédiaire de la femme, a glissé le poison dans le cœur du premier homme (Gn 3,1-6) ? Ce fut lui qui conserva à Job sa femme, afin d'en faire pour ce malheureux, non pas un sujet de consolation, mais un instrument de tentation (Jb 2,9). Le diable a lui-même demandé ce saint homme pour l'éprouver, et il l'a obtenu. L'Apôtre a conjuré le Seigneur d'éloigner de lui cet aiguillon de la chair, et sa demande a été repoussée ; et, néanmoins, l'Apôtre a été plus exaucé que le diable. En effet, quoique ses désirs n'aient pas abouti, Paul a été exaucé relativement au salut de son âme; le diable l'a été dans ses volontés, mais pour sa damnation. Job lui a été abandonné pour être tenté, afin que, son épreuve finie, le démon fût tourmenté à son tour. Ceci, mes frères, se voit non seulement dans les livres de l'Ancien Testament, mais encore dans l'Evangile. Au moment où il les chassait du corps d'un homme, les démons demandèrent au Sauveur la permission de se retirer dans un troupeau de porcs. Est-ce que le Sauveur ne pouvait pas leur dire qu'il leur défendait même d'aller là ? S'il n'y avait pas consenti, il est sûr qu'ils ne se seraient pas révoltés contre le roi du ciel et de la terre. Par une évidente et mystérieuse grâce, par une disposition toute particulière de sa providence, il les laissa donc se jeter dans un troupeau de porcs (Lc 8,32), afin de montrer que le diable règne en maître sur ceux qui se conduisent à la manière des pourceaux. Maintenant, les démons ont-ils été exaucés ? L'Apôtre ne l'a-t-il pas été ? Ou plutôt, ne devons-nous pas dire ce qui est plus conforme à la vérité, à savoir qu'en réalité l'Apôtre a été exaucé, et que les démons ne l'ont pas été ? Leur volonté a été faite, mais l'innocence de Paul a été perfectionnée."

Trad de l’Abbé Aubert , éd Raulx-Poujoulat, 1864-1872, sur bibliotheque-monastique.ch
La dernière phrase de cet extrait : Illorum voluntas facta est, hujus sanitas perfecta est, dans l'éd des Sources chrétiennes (Cerf, 1994, SC 75, p. 293), est traduite ainsi par le P. Paul Agaësse : "Eux, leur volonté a été faite ; lui, sa santé spirituelle a été parfaite".)

* L’imitation de Jésus-Christ, III, 55,5-6 :
"Ô bienheureuse grâce, qui donne la richesse du cœur au pauvre en esprit, et l’humilité de l’âme à celui qui possède de grands biens ! Viens, descends en moi, comble-moi chaque jour afin que mon âme reste vivante. Je t’en supplie, Seigneur, que je trouve grâce à tes yeux ! Ta grâce me suffit’ (2 Co 12,9), même si je n’obtiens rien de ce que réclame ma nature. Si je suis tenté et en proie à de nombreux tourments, je ne craindrai rien avec le secours de ta grâce. Elle est ma force, mon conseil, mon appui. Elle est plus puissante que tous mes ennemis, plus avisée que tous les sages.
La grâce est dispensatrice de vérité, guide spirituel, lumière du cœur, apaisement dans l’angoisse, réconfort dans la tristesse, source de toute dévotion. Que deviendrais-je sans le soutien de la grâce, sinon un arbre sec, bon à jeter au feu ? « Que ta grâce, Seigneur, vienne au-devant de moi, qu’elle m’accompagne toujours et partout, et qu’elle me rende appliqué aux bonnes œuvres, par Jésus Christ ton Fils. Amen » (Ancienne oraison du 17e dim. après la Pentecôte)."

* P. Emmanuel, Méditations, vendredi de la 1ère semaine de l'Avent :
"Encore le péché originel. Il est partout il est chez tous…. aussi les justes même, les saints ne sont pas sans avoir à souffrir des restes qu’ils portent du péché originel. Tous les jours ils ont à lutter, à combattre, à résister, à se renoncer, à se vaincre, à se mortifier. Bien souvent, nous les voyons gémissant, pleurant, priant, suppliant, demandant à Dieu la délivrance. Saint Paul nous en est un exemple. Lui qui avait vu Notre-Seigneur, et avait reçu de lui la mission de prêcher l’Evangile, saint Paul s’écrie, dans l’Epître aux romains : Homme infortuné que je suis ! qui me délivrera de ce corps mortel ? (Rm 7,24) Il sentait le poids de la mortalité, il éprouvait le dur aiguillon de la concupiscence qui le portait au péché, et il demandait à Dieu d’en être délivré. Et Dieu ne le délivra pas, il lui laissa porter le rude fardeau, et il se contenta de lui dire : Ma grâce te suffit (2 Co 12,9). Qui ne comprend pas cela, n’est pas loin dans le chemin du ciel ; et qui comprend cela, n’a pas de quoi être fier devant Dieu. Soyons humbles, soyons humbles, soyons humbles ; sans quoi il n’y a pas de salut. Venez, Seigneur JESUS, et sauvez-nous."

* Vénérable P. Louis Du Pont, Méditations, 4e partie, 3 (Rameaux) :
"Le Sauveur voulut nous faire comprendre que les craintes, les tristesses, les ennuis, les angoisses de l’agonie qu’il éprouva ensuite au jardin de Gethsémani et dans tout le cours de sa Passion, n’affectaient que la partie inférieure de son âme, qui avait une aversion naturelle pour les douleurs du corps, mais que la partie supérieure les acceptait avec une véritable joie et une soumission parfaite à la volonté divine. Jésus persévéra dans ces sentiments jusqu’à la mort, nous enseignant par son exemple que le suprême degré de la patience est de s’offrir dans la joie de son appel à supporter non seulement les travaux extérieurs, mais encore les afflictions intérieures. Je dois m’efforcer d’entrer dans ces dispositions, disant avec l’Apôtre : Je me glorifierai volontiers dans mes faiblesses, afin que la force de Jésus-Christ habite en moi. Je me plairai dans les affronts, dans la pauvreté, dans les persécutions, dans les angoisses pour Jésus-Christ (2 Co 12,9-10). Oui, mon Sauveur, j’accepte de bon cœur les tristesses et les agonies de la chair, je renonce à tous les goûts sensibles ; je veux, à votre imitation, conserver la joie de l’esprit au milieu des plus dures épreuves."
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