Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales

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ami de la Miséricorde -  2024-02-12 22:39:21

Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales



CHAPITRE XIV
DES SÉCHERESSES ET STÉRILITÉS SPIRITUELLES


5. Finalement, Philothée, entre toutes nos sécheresses et stérilités, ne perdons point courage; mais attendant en patience le retour des consolations, suivons toujours notre train ; ne laissons point pour cela aucun exercice de dévotion, ans, s'il est possible multiplions nos bonnes oeuvres; et ne pouvant présenter à notre cher Epoux des confitures liquides, présentons-lui-en des sèches, car ce lui est tout un, pourvu que le coeur qui les lui offre soit parfaitement résolu de le vouloir aimer.

Quand le printemps est beau, les abeilles font plus de miel et moins de mouchons, parce qu'à la faveur du beau temps elles s'amusent tant à faire leur cueillette sur les fleurs, qu'elles en oublient la production de leurs nymphes; mais quand le printemps est âpre et nubileux, elles font plus de nymphes et moins de miel, car ne pouvant pas sortir pour faire la cueillette du miel, elles s'emploient à se peupler et multiplier leur race.

Il arrive maintes fois, ma Philothée, que l'âme, se voyant au beau printemps des consolations spirituelles, s'amuse tant à les amasser et sucer, qu'en l'abondance de ces douces délices elle fait beaucoup moins de bonnes oeuvres, et qu'au contraire, parmi les âpretés et stérilités spirituelles, à mesure qu'elle se voit privée des sentiments agréables de dévotion, elle en multiplie d'autant plus les oeuvres solides, et abonde en la génération intérieure des vraies vertus, de patience, humilité, abjection de soi-même, résignation et abnégation de son amour-propre.

C'est donc un grand abus de plusieurs, et notamment des femmes, de croire que le service que nous faisons à Dieu, sans goût, sans tendreté de coeur et sans sentiment, soit moins agréable à sa divine Majesté, puisqu'au contraire nos actions sont comme les roses, lesquelles bien qu'étant fraîches elles ont plus de grâce, étant néanmoins sèches elles ont plus d'odeur et de force: car tout de même, bien que nos oeuvres faites avec tendreté de coeur nous soient plus agréables, à nous, dis-je, qui ne regardons qu'à notre propre délectation, si est-ce qu'étant faites en sécheresse et stérilité, elles ont plus d'odeur et de valeur devant Dieu.

Oui, chère Philothée, en temps de sécheresse notre volonté nous porte au service de Dieu comme par vive force, et par conséquent il faut qu'elle soit plus vigoureuse et constante qu'eu temps de tendreté. Ce nest pas si grand cas de servir un prince en la douceur d'un temps paisible et parmi les délices de la cour; mais de le servir en l'âpreté de la guerre, parmi les troubles et persécutions, c'est une vraie marque de constance et fidélité.

La bienheureuse Angèle de Fougny dit que l'oraison la plus agréable à Dieu est celle qui se fait par force et contrainte, c'est-à-dire celle à laquelle nous nous rangeons, non point pour aucun goût que nous y ayons, ni par inclination, mais purement pour plaire à pieu, à quoi notre volonté nous porte comme à contre-coeur, forçant et violentant les sécheresses et répugnances qui s'opposent à cela.

J'en dis de même de toutes sortes de bonnes oeuvres; car plus nous avons des contradictions, soit extérieures, soit intérieures, à les faire, plus elles sont estimées et prisées devant Dieu.

Moins il y a de notre intérêt particulier en la poursuite des vertus, plus la pureté de l'amour divin y reluit : l'enfant baise aisément sa mère, qui lui donne du sucre; mais c'est signe qu'il l'aime grandement, s'il la baise après qu'elle lui aura donné de l'absinthe ou du chicotin.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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