Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2024-02-06 00:13:00
Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales
CHAPITRE XII
DE LA TRISTESSE
La discipline modérée est bonne contre la tristesse, parce que cette volontaire affliction extérieure impètre la consolation intérieure, et l'âme, sentant des douleurs de dehors, se divertit de celles qui sont au dedans. La fréquentation de la sainte Communion est excellente; car ce pain céleste affermit le coeur et réjouit l'esprit.
Découvrez tous les ressentiments, affections et suggestions qui proviennent de votre tristesse à votre conducteur et confesseur, humblement et fidèlement; cherchez les conversations des personnes spirituelles, et les hantez le plus que vous pourrez pendant ce temps-là. Et en fin finale, résignez-vous entre les mains de Dieu, vous préparant à souffrir cette ennuyeuse tristesse patiemment, comme juste punition de vos vaines allégresses; et ne doutez nullement que Dieu, après vous avoir éprouvée, ne vous délivre de ce mal.
CHAPITRE XIII
DES CONSOLATIONS SPIRITUELLES ET SENSIBLES ET COMME IL SE FAUT COMPORTER EN ICELLES
Dieu continue l'être de ce grand monde en une perpétuelle vicissitude, par laquelle le jour se change toujours en nuit, le printemps en été, l'été en automne, l'automne en hiver et l'hiver en printemps, et l'un des jours ne ressemble jamais parfaitement l'autre: on en voit de nubileux, de pluvieux, de secs, de venteux, variété qui donne une grande beauté à cet univers.
Il en est de même de l'homme, qui est, selon le dire des Anciens, un abrégé du monde; car jamais il n'est en un même état, et sa vie écoule sur cette terre comme les eaux, flottant et ondoyant en une perpétuelle diversité de mouvements, qui tantôt l'élèvent aux espérances, tantôt l'abaissent par la crainte, tantôt le plient à droite par la consolation, tantôt à gauche par l'affliction, et jamais une seule de ses journées, ni même de ses heures, n'est entièrement pareille à lautre.
C'est un grand avertissement que celui-ci : il nous faut tâcher d'avoir une continuelle et inviolable égalité de coeur, en une si grande inégalité d'accidents, et quoique toutes choses se tournent et varient diversement autour de nous, il nous faut demeurer constamment immobiles à toujours regarder, tendre et prétendre à notre Dieu.
Que le navire prenne telle route qu'on voudra, qu'il cingle au ponant ou levant, au midi ou septentrion, et quelque vent que ce soit qui le porte, jamais pourtant son aiguille marine ne regardera que sa belle étoile et le pôle.
Que tout se renverse sans dessus dessous, je ne dis pas seulement autour de nous, mais je dis en goût ; c'est-à-dire que notre âme soit triste, joyeuse, en douceur, en amertume, en paix, en trouble, en clarté, en ténèbres, en tentations, en repos, en goût, en dégoût, en sécheresse, en tendreté; que le soleil la brûle ou que la rosée la rafraîchisse, ah! si faut-il pourtant quà jamais et toujours la pointe de notre coeur, notre esprit, notre volonté supérieure, qui est notre boussole, regarde incessamment et tende perpétuellement à l'amour de Dieu son Créateur, son Sauveur, son unique et souverain bien.
« Ou que nous vivions ou que nous mourions, dit l'Apôtre, si sommes-nous à Dieu... Qui nous séparera de l'amour et charité de Dieu ? » Non, jamais rien ne nous séparera de cet amour: ni la tribulation, ni langoisse, ni la mort, ni la vie, ni la douleur présente, ni la crainte des accidents futurs, ni les artifices des malins esprits, ni la hauteur des consolations, ni la profondité des afflictions, ni la tendreté, ni la sécheresse ne nous doit jamais séparer de cette sainte charité, qui est fondée en Jésus-Christ.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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