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On discute beaucoup aujourd’hui de la possibilité de bénir des personnes de même sexe vivant en couple. Le document de Rome, d’ailleurs très mal interprété par les médias, stipule que rien n’est changé dans les principes. Il les rappelle. Le malheur est qu’il propose en même temps une pratique qui sera largement perçue en contradiction avec ces mêmes principes, en autorisant à bénir des couples irréguliers.
Quand un texte disciplinaire donne une permission à partir de principes qui, en toute prudence normale, devraient l’interdire. On est présence d’une loi dangereuse. Et avec le soutien de Père Abbé et de toute la communauté, j’invite tous les fidèles à prier pour que le Saint Père retire sans retard une telle permission.
De nombreux épiscopats du monde entier ont d’ailleurs déjà répondu au Pape avec beaucoup de respect. Ils refuseraient de donner à leurs prêtres la permission de bénir des personnes vivant dans des unions illégitimes : polygamie, concubinage ou personnes de même sexe. Une telle bénédiction ne pouvant que semer le trouble dans les esprits. Les évêques africains se sont montrés particulièrement courageux de ce point de vue. Tous ces épiscopats avaient d’ailleurs déjà rejeté la possibilité de bénir des couples irréguliers lors des derniers synodes.
L’enseignement de l’Eglise, résumé par le Catéchisme de l’Eglise catholique, est très clair. Rappelons-le : « un nombre non négligeable d’hommes et de femmes présente des tendances homosexuelles foncières. Ils ne choisissent pas leur condition. Elle constitue pour la plupart d’entre eux une épreuve. Ils doivent être accueillis avec respect, compassion et délicatesse ». Voilà pour les personnes. Maintenant les actes. S’appuyant cependant sur la Sainte Ecriture, la Tradition a toujours déclaré que les actes d’homosexualité sont intrinsèquement désordonnés. Suivent cinq références de la Bible et de Vatican II. Ils ne sauraient recevoir d’approbation en aucun cas.
Dans l’entre deux guerres vécut un juif athée, peintre ami de Picasso et artiste qui lança le mouvement surréaliste. Une apparition du Christ l’ayant converti il demanda le baptême. Il s’appelait Max Jacob. Naïvement il pensait que le baptême le guérirait de ses pratiques homosexuelles. Bien vite il découvrit qu’il n’en était rien. Il comprit alors, après quelque temps, que le seul remède qui s’offrait à lui était la fuite des milieux corrompus de Paris pour se réfugier à Fleury-sur-Loire, à l’ombre de Saint Benoît. Là il mena la vie austère d’un pénitent. Lever à 5h. Méditation d’une heure, la plume à la main, sur des sujets propres à nourrir son sujet de conversion (la mort, le jugement, l’enfer). A 6h, chemin de croix. Puis service d’une messe basse. Ensuite, toute la journée, travail intensif d’écrivain ou de peintre. Un jour la Gestapo vint le chercher et le conduisit au camp de Drancy où il mourut en 1944, le chapelet à la main. Mes frères et sœurs, que penserait Max Jacob d’une telle bénédiction encourageant à rester dans une telle situation de péché ? Lui qui a accepté une vie si rude pour en sortir ?
Mais finissons-en. Dieu propose tellement mieux que des plaisirs qui laisse un goût de cendres. Vous ne croyez pas ? Saint Paul nous l’annonçait dans l’Epître du jour : Lorsque les temps ont été accomplis, Dieu a envoyé son Fils, né d’une femme, né sous la loi. Le propre Fils de Dieu est parmi nous. Regardez dans la crèche, c’est lui, c’est ce bébé ! Dieu avec nous, Emmanuel. Afin que nous recevions l’adoption. Nous voilà devenus les propres fils de Dieu, par adoption. Quelle merveille ! « Reconnais, ô chrétien, ta dignité », disait saint Léon à Noël. Et, enfin, cette affirmation de Saint Paul qui donne des ailes à nos prières : nous avons dans « nos cœurs l’esprit de son Fils, lequel crie Abba, Père ! ».