Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2023-12-17 22:31:56

Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales



CHAPITRE XXVII

DE L'HONNÊTETÉ DES PAROLES ET DU RESPECT QUE L'ON DOIT AUX PERSONNES


C'est une des plus mauvaises conditions qu'un esprit peut avoir, que d'être moqueur: Dieu hait extrêmement ce vice et en a fait jadis des étranges punitions. Rien n'est si contraire à la charité, et beaucoup plus à la dévotion, que le mépris et contemnement du prochain.

Or, la dérision et moquerie ne se fait jamais sans ce mépris; c'est pourquoi elle est un fort grand péché, en sorte que les docteurs ont raison de dire que la moquerie est la plus mauvaise sorte d'offense que l'on puisse faire au prochain par les paroles, parce que les autres offenses se font avec quelque estime de celui qui est offensé, et celle-ci se fait avec mépris et contemnement.

Mais quant aux jeux de paroles qui se font des uns aux autres avec une modeste gaîté et joyeuseté, ils appartiennent à la vertu nommée eutrapélie par les Grecs, que nous pouvons appeler bonne conversation ; et par iceux on prend une honnête et amiable récréation sur les occasions frivoles que les imperfections humaines fournissent.

Il se faut garder seulement de passer de cette honnête joyeuseté à la moquerie. Or, la moquerie provoque à rire par mépris et contemnement du prochain; mais la gaîté et gausserie provoque à rire par une simple liberté, confiance et familière franchise, conjointe à la gentillesse de quelque mot. Saint Louis, quand les religieux voulaient lui parler des choses relevées après dîner :

« Il n'est pas temps d'alléguer, disait-il, mais de se récréer par quelque joyeuseté et quolibets : que chacun dise ce quil voudra honnêtement »; ce qu'il disait, favorisant la noblesse qui était autour de lui pour recevoir des caresses de sa majesté. Mais, Philothée, passons tellement le temps par récréation que nous conservions la sainte éternité par dévotion.

CHAPITRE XXVIII

DES JUGEMENTS TÉMÉRAIRES


« Ne jugez point et vous ne serez point jugés, dit le Sauveur de nos âmes; ne condamnez point et vous ne serez point condamnés. » Non, dit le saint Apôtre, e ne jugez pas avant le temps, jusques à ce que le Seigneur vienne, qui révélera le secret des ténèbres et manifestera les conseils des coeurs.

Oh ! que les jugements téméraires sont désagréables à Dieu! Les jugements des enfants des hommes sont téméraires, parce qu'ils ne sont pas juges les uns des autres, et jugeant ils usurpent l'office de Notre-Seigneur; ils sont téméraires, parce que la principale malice du péché dépend de l'intention et conseil du coeur, qui est le secret des ténèbres pour nous; ils sont téméraires, parce qu'un chacun a assez à faire à se juger soi-même, sans entreprendre de juger son prochain.

C'est chose également nécessaire pour n'être point jugés, de ne point juger les autres et de se juger soi-même; car, comme Notre-Seigneur nous défend l'un, l'Apôtre nous ordonne l'autre, disant: « Si nous nous jugions nous-mêmes, nous ne serions point jugés. »

Mais, o Dieu, nous faisons tout au contraire; car ce qui nous est défendu, nous ne cessons de le faire, jugeant à tout propos le prochain; et ce qui nous est commandé, qui est de nous juger nous-mêmes, nous ne le faisons jamais.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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