Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales
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ami de la Miséricorde - 2023-11-26 22:31:01
Méditation avec L'introduction à la vie dévote de St François de Sales
CHAPITRE XV
COMME IL FAUT PRATIQUER LA PAUVRETÉ RÉELLE
DEMEURANT NÉANMOINS RÉELLEMENT RICHE
Mais prenez garde que l'amour-propre ne vous trompe, car quelquefois il contrefait si bien l'amour de Dieu qu'on dirait que c'est lui: or, pour empêcher quil ne vous déçoive, et que ce soin des biens temporels ne se convertisse en avarice, outre ce que j ai dit au chapitre précédent, il nous faut pratiquer bien souvent la pauvreté réelle et effectuelle, emmi toutes les facultés et richesses que Dieu nous a données.
Quittez donc toujours quelque partie de vos moyens en les donnant aux pauvres de bon coeur; car donner ce qu'on a, c'est s'appauvrir d'autant, et plus vous donnerez plus vous vous appauvrirez. Il est vrai que Dieu vous le rendra, non seulement en l'autre monde, mais en cetui-ci, car il n'y a rien qui fasse tant prospérer temporellement que l'aumône; mais en attendant que Dieu vous le rende, vous serez toujours appauvrie de cela. Oh! le saint et riche appauvrissement que celui qui se fait par l'aumône!
Aimez les pauvres et la pauvreté, car par cet amour vous deviendrez vraiment pauvre, puisque, comme dit l'Ecriture, nous sommes faits comme les choses que nous aimons. L'amour égale les amants: « Qui est infirme, avec lequel je ne sois infirme? »dit saint Paul.
Il pouvait dire : « Qui est pauvre, avec lequel je ne sois pauvre ? » parce que l'amour le faisait être tel que ceux qu'il aimait. Si donc vous aimez les pauvres, vous serez vraiment participante de leur pauvreté, et pauvre comme eux. Or, si vous aimez les pauvres, mettez-vous souvent parmi eux: prenez plaisir à les voir chez vous et à les visiter chez eux ; conversez volontiers avec eux; soyez bien aise qu'il vous approchent aux églises, aux rues et ailleurs. Soyez pauvre de langue avec eux, leur parlant comme leur compagne; mais soyez riche des mains, leur départant de vos biens, comme plus abondante.
Voulez-vous faire encore davantage, ma Philothée ? ne vous contentez pas d'être pauvre comme les pauvres, mais soyez plus pauvre que les pauvres. Et comment cela ? « Le serviteur est moindre que son maître »: rendez-vous donc servante des pauvres; allez les servir dans leurs lits quand ils sont malades, je dis de vos propres mains; soyez leur cuisinière, et à vos propres dépens; soyez leur lingère et blanchisseuse. O ma Philothée, ce service est plus triomphant qu'une royauté.
Je ne puis assez admirer l'ardeur avec laquelle cet avis fut pratiqué par saint Louis, l'un des grands rois que le soleil ait vus, mais je dis grand roi en toute sorte de grandeur. Il servait fort souvent à la table des pauvres qu'il nourrissait, et en faisait venir presque tous les jours trois à la sienne; et souvent il mangeait les restes de leur potage avec un amour non pareil.
Quand il visitait les hôpitaux des malades (ce quil faisait fort souvent), il se mettait ordinairement à servir ceux qui avaient les maux les plus horribles, comme ladres, chancreux et autres semblables, et leur faisait tout son service à tête nue et les genoux à terre, respectant en leur personne le Sauveur du monde, et les chérissant d'un amour aussi tendre qu'une douce mère eût su faire son enfant. Sainte Elisabeth, fille du roi de Hongrie, se mêlait ordinairement avec les pauvres, et pour se récréer s'habillait quelquefois en pauvre femme parmi ses dames, leur disant : « Si j'étais pauvre, je m'habillerais ainsi. » O
mon Dieu, chère Philothée, que ce prince et cette princesse étaient pauvres en leurs richesses, et qu'ils étaient riches en leur pauvreté!
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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