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(...) Les migrants, comme jadis les prolétaires, sont pour certains chrétiens le lieu de la rencontre entre la terre et le ciel. Et de même que jadis on refusait de tenir compte du lien d'une partie des prolétaires avec le communisme, aujourd'hui on écarte comme une impiété de considérer le lien entre les migrations et l'islam. L'accueil inconditionnel des migrants devient le critère exclusif, en tout cas principal, d'une sincère foi chrétienne. (...)
(...) La «civilisation» que le pape François déclare possible et veut passionnément nous rendre désirable, concerne principalement les nations européennes. C'est elles qu'il invite à disparaître pour devenir meilleures. Ni la Chine, ni la Russie, ni l'Inde, ni les pays musulmans ne sont concernés par ses appels. C'est autour de la Méditerranée que le grand œuvre doit s'accomplir. Le raisonnement qui conduit à l'effacement des nations implique nécessairement aussi l'effacement de l’Église. Pourquoi celle-ci garderait-elle sa forme, son principe intérieur, ses sacrements, tous ces caractères qui la distinguent? Pourquoi rester dans l'Église quand celle-ci nous demande de nous fondre dans l'humanité?