Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon
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ami de la Miséricorde - 2023-08-11 22:10:00
Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon
NEUVIEME CONFÉRENCE : DU MYSTÈRE DE LA SOUFFRANCE DANS SES RAPPORTS AVEC LA VIE FUTURE
Homo natus de muliere, brevi vivens tempore, repletur multis miseriis.
L'homme né de la femme, vit peu de jours, et sa vie est remplie de misères sans nombre. (Job, XIV, 1)
La réparation n'est suffisante qu'autant qu'elle égale le désordre renfermé dans la faute. Les conditions de l'homme pécheur, dans l’usage qu'il fait des créatures, ne sont plus celles de l'homme qui ne s'est jamais rendu coupable d'aucune offense.
Celui qui a eu le malheur de se laisser égarer par la voix du tentateur, et qui adhérant aux appâts grossiers de la créature a préféré sa beauté trompeuse et bornée à la beauté du Créateur, celui-là est tenu de s'arracher avec effort et au prix des brisements les plus inénarrables, des occasions qui l'ont séduit, et des êtres qui l'ont fasciné ; il faut que, remontant le torrent dont les eaux bourbeuses l'ont entraîné, il châtie avec rigueur un cœur, une imagination, des sens qui se sont mutinés contre la raison et la loi de Dieu, comme il châtierait un serviteur indocile et des esclaves révoltés.
Le principe fondamental de la pénitence réside dans ce fait, que, pour l'homme déchu une seconde fois, il n'y a qu'un seul mode de réintégration : l'acceptation courageuse et volontaire d'une part de douleur égale à la part de jouissance et de douceur savourée dans l'iniquité et le crime ; d'où il suit, selon la profonde remarque de saint Ignace de Loyola, que la pénitence ne consiste nullement dans le renoncement à tout excès, ou dans le retranchement de ce qui est inutile et superflu.
Supprimer ce qui est de trop, c'est vertu de tempérance (Exercices spirituels : Additions) et non vertu de pénitence. Mais la pénitence n'a lieu que lorsque l'homme se retranche ce qui est convenable, et se prive d'une partie de ce qui est utile ou est nécessaire...Toutefois le mystère n'est pas éclairci.
Il y a eu sur la terre des âmes affranchies de toute trace de péché et d'imperfection. Sans parler de la Très Sainte Vierge conçue sans péché, de saint Jean Baptiste sanctifié dès le sein de sa mère, une multitude d'autres saints ont mené sur cette terre une vie toute céleste, étroitement unis à Dieu, sans que jamais aucun désir grossier, aucune vapeur des sens, aient obscurci la beauté et l'éclat radieux de leur âme.
Cependant, ils ont recueilli une part plus abondante à ce vaste héritage de douleur, légué à notre triste humanité. La souffrance a donc une cause plus haute et plus universelle que l'expiation. Cette cause est la conséquence d'un des mystères les plus profonds et les plus incompréhensibles de notre foi, où se
résume toute l'économie du Christianisme, et que nous méditons rarement...
Ce mystère est celui de l'incorporation de notre vie à la vie divine de Jésus-Christ. On peut dire en un certain sens, que Jésus-Christ dans le Ciel n'est pas complet. Sur le trône, où depuis Son Ascension glorieuse, Il règne assis à la droite de Son Père, il n'y a pas encore la totalité, mais un simple commencement de Jésus-Christ.
Jésus-Christ est d'aujourd'hui, d'hier, de tous les siècles (Heb., XIII, 8). Jésus-Christ et l'universalité des fidèles ne forment qu'un seul esprit et un seul corps, unum corpus et unus spiritus (Eph., IV, 4). Ce corps mystique de Jésus-Christ, qui n'est autre que l’Église, s'édifie progressivement : il s'étend et grandit en s'incorporant les élus, dont l'esprit s'ouvre aux rayons de la foi, et le cœur à l'onction de la charité.
Jésus-Christ n'atteindra Son développement parfait, Il n'entrera dans la plénitude de Ses années et dans la maturité de l'homme, que lorsque l'ange du Seigneur aura marqué le sceau du Dieu vivant, sur le front du dernier des prédestinés. Jusqu'à ce jour, le mystère de l'Ascension continue ; il se poursuit et s'accroît, chaque fois qu'une âme concourt efficacement à cette structure divine, et qu'au sortir d'une vie pure, elle se surajoute pour composer la cité céleste, qu'elle se superédifie, comme une pierre vivante, dans l'éternelle Basilique des saints.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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