Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon

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ami de la Miséricorde -  2023-07-21 22:43:42

Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon



HUITIEME CONFÉRENCE : LE SACRIFICE CHRÉTIEN, MOYEN DE RÉDEMPTION

Caro mea vere est cibus, et sanguis meus vere est potus.
Ma chair est véritablement une nourriture, et Mon sang est véritablement un breuvage. (Jean, I, 56.)


III


Il n'est nullement requis pour la perfection du sacrifice, observe encore Mgr Rosset, que la victime soit réellement immolée. Il suffit que l'acte sacrificatoire soit, de sa nature, destructif de la chose offerte.

l’Eglise met au rang des martyrs saint Jean l’Évangéliste, plongé dans l'huile bouillante, et d'autres saints qui reçurent des blessures ou subirent des supplices, de leur nature aptes à donner la mort, quoique, par l'effet d'un miracle, leur mort n'ait pas eu lieu.

Dans l'ancienne loi, quand le sacrificateur avait frappé la victime d'une blessure mortelle, le sacrifice était parfait, et la victime censée immolée, lors même qu'elle aurait été sauvée miraculeusement. A la croix et à l'autel, Jésus-Christ offre à Son Père la même mort.

A la croix Il offre Sa mort présente, à l'autel Sa mort passée et consommée. A la croix Il s'offre en sacrifice de rédemption, à l'autel en sacrifice d'application de cette source infinie de grâce que jadis Il fit jaillir sur le Calvaire.

A la croix, dans l'état d'un homme souffrant, à l'autel dans l'état d'un homme surnaturel et mystérieux. A la vérité, pour que le sacrifice s'opère, il faut que le ministre visible intervienne ; mais son action est une œuvre accessoire et ne diminuant en rien la dignité et le prix du sacrifice.

Ce qui le démontre, c'est que les paroles dont le ministre se sert sont les mêmes que Jésus-Christ prononça à la dernière Cène. Sermo autem Christi, non est alius quam verbum consecrationis (S. Ambr., in Psal. XXXIX).

A l'autel, nous ne sommes pas réellement le Christ, mais nous le sommes mystiquement, nous parlons en Sa personne : nous disons et faisons ce que dit et fit Jésus-Christ, hoc facite in meam commemorationem.

Nous avons la même puissance ; car, comme dit saint Grégoire le Grand, quel fidèle douterait, «qu'au moment de l'immolation et à la voix du prêtre, les cieux ne s'ouvrent réellement, et que les chœurs des anges n'accompagnent Jésus-Christ dans ce mystère» (S. Greg., IV, dial. 36).

Le Père éternel, en ce moment, arrête Ses yeux sur cette offrande ; Il ne considère nullement la personne qui célèbre, Il ne voit que Son divin Fils ; Il accepte Son offrande comme souverainement propice et agréable, fut-elle offerte par les mains les plus indignes et les plus souillées.

Le sacrifice de la messe est souverainement propitiatoire pour les vivants et les trépassés. Il suffit pleinement pour nous obtenir l'abondance des grâces d'en-haut, et satisfaire à tous nos besoins. Infini en valeur et en dignité, il est cependant limité dans ses effets et dans son application : par la raison que ceux à qui le sacrifice profite, c'est-à-dire le prêtre, les fidèles et l’Église, si sainte soit celle-ci, n'ont pourtant qu'un mérite, une dignité finie (Rosset, de Euch., p. 577).

Ils sont susceptibles d'acquérir de nouvelles grâces, de s'élever à un degré supérieur de perfection, et malgré leurs efforts, il ne leur sera jamais possible d'épuiser tous les fruits découlant d'une telle oblation. Le sacrifice de la messe équivaut à celui de la croix. Mais le sacrifice de la croix, tout infini qu'il est en valeur, ne saurait parvenir à conférer une multitude indéfinie de mérites et de satisfactions au point qu'il ne puisse plus s'en surajouter.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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