Une réponse à la première question
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
AVV-VVK - 2023-07-21 19:52:37
Une réponse à la première question
Ici1° juillet 1970 INVITATION DU CONCILE A UNE ETUDE PLUS APPROFONDIE DE LA BIBLE
10770
Chers fils et filles,
Parlons encore du Concile ! Vous avez remarqué que depuis le Concile, on parle très souvent de la Sainte Ecriture. Les références à l'Ecriture reviennent partout dans les documents conciliaires, spécialement dans la Constitution sur la Liturgie (cf. SC 24 SC 33 SC 35 SC 51...), sur l'Eglise (cf. LG 6 LG 15 LG 24), dans le Décret sur l'OEcuménisme (UR 21). Nous n'en finirions pas si nous voulions en faire la liste. Mais un document très important y a été consacré tout spécialement, c'est la Constitution dogmatique sur la Révélation divine, qui s'intitule Dei Verbum selon les mots qui l'introduisent. C'est un des documents les plus importants du Concile ; fondamental, même, avec Lumen Gentium sur l'Eglise et Gaudium et spes sur les rapports entre l'Eglise et le monde. Il caractérise le processus doctrinal de l'Eglise à partir du Concile de Trente ; il insiste sur les questions bibliques les plus importantes qui ont surgi ces derniers temps ; il fixe la fonction de l'Ecriture par rapport à la révélation, recueille par écrit la parole de Dieu (cf. Dei Verbum, DV 7) et précise sa relation avec la Tradition (DV 8-9), énonce son rapport avec le magistère de l'Eglise (DV 10), donc avec la norme de la foi (DV 5).
On a remarqué que dans ce document ecclésial officiel a été acceptée, pour la première fois explicitement « l'économie du salut », et avec elle l'affirmation sur le développement des dogmes (cf. D. P. dupuy o.p., La Révélation divine, 1, 15 ss.) ; de même beaucoup d'autres nouveautés disciplinaires qui modifient celles du Concile de Trente (cf. denz.-sch. DS 1853-1854) et celles du Pape Clément XI, après la controverse sur la doctrine janséniste de Quesnel (cf. denz.-sch. DS 2479-2485), et qui souhaitent la préparation de traductions et d'éditions de l'Ecriture Sainte, réalisées avec le consentement de l'autorité de l'Eglise, faites en collaboration avec les Frères séparés (nn. DV 22 et DV 25).
Vatican II et les Encycliques des Papes
Bien des questions concernant la doctrine et les études sur la Bible sont traitées dans les cinq premiers chapitres de la Constitution qui s'inscrit par conséquent dans la série des grands documents pontificaux parus au cours des cent dernières années sur cette matière si importante (par exemple les encycliques Providentissimus Deus [1893] de Léon XIII, Spiritus Paraclitus [1920] de Benoît XV, Divino afflante Spiritu [1943] de Pie XII, etc.) ; un rappel nous surfit, un simple rappel, du chapitre VI de cette Constitution conciliaire, qui nous parle de la « Sainte Ecriture dans la vie de l'Eglise» et concerne donc directement tout le Peuple chrétien.
Que dit ce chapitre ?
Il nous dit, avant tout, combien l'Eglise a vénéré les Livres de l'Ecriture « comme règle suprême de la foi » (cf. DV 21) en même temps que la Tradition. Il est possible qu'une intention apologétique ne soit pas étrangère à cette affirmation, qui défend l'Eglise catholique, histoire et littérature sacrée à la main, d'avoir moins estimé et aimé l'Ecriture que les protestants du XVI° siècle, qui la considéraient comme l'unique norme de la foi : « sola Scriptura », l'isolant de l'Eglise et de la tradition primitive, ainsi que de la tradition plus récente, sauf de permettre à tout lecteur de la Bible, pratiquement, d'y trouver le sens qui lui plaît, selon une prétendue illumination de l'Esprit Saint, aux dépens du contenu comme de l'unité de la foi. La sainte Ecriture est parole de Dieu pour l'Eglise, inspirée par Lui, donc, dans sa signification authentique propre, garantie d'inerrance divine (cf. Dei Verbum, DV 1). Rappelons, parmi les innombrables témoignages de l'estime professée par l'Eglise envers la Sainte Ecriture, celui de Saint Jérôme : « Ignoratio ... Scripturarum ignoratio Christi est » (Comm. in h., Prol. ; PL 24, 17).
Que reconnaît l'Eglise dans la Sainte Ecriture ? Elle y reconnaît l'immutabilité de sa doctrine (cf. Jn 10,35 où le Christ déclare : « L'Ecriture ne peut être abolie ») ; la validité et l'authenticité permanentes de la Parole de Dieu, qui y est contenue ; elle reconnaît en elle une inépuisable fécondité spirituelle, une valeur prophétique, qui peut atteindre avec le souffle de l'Esprit Saint n'importe quelle situation humaine, historique ou sociologique ; elle y reconnaît la source de la prédication et de la catéchèse ecclésiales, et spécialement elle y reconnaît un aliment spirituel.
Relisons au moins une page de cet enseignement lumineux : « Il faut donc que toute la prédication ecclésiastique, comme la religion chrétienne elle-même, soit nourrie et régie par la Sainte Ecriture. Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux cieux vient avec tendresse au devant de ses fils et entre en conversation avec eux ; or la force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu'elles constituent, pour l'Eglise, son point d'appui et sa vigueur et, pour les enfants de l'Eglise, la force de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle. Dès lors ces mots s'appliquent parfaitement à la Sainte Ecriture : « Elle est vivante donc et efficace la parole de Dieu » (He 4,12), « qui a le pouvoir d'édifier et de donner l'héritage avec tous les sanctifiés » (Ac 20,32 1Th 2,13).
L'idée de nourriture spirituelle de l'ame se retrouve encore deux fois dans Dei Verbum, toujours en référence aux célèbres paroles de l'« Imitation du Christ » (1. IV, 11) qui réunit la nourriture de la Parole de Dieu et la nourriture eucharistique : « l'Eglise a toujours vénéré les divines Ecritures, comme elle l'a toujours fait aussi pour le Corps même du Seigneur, elle qui ne cesse pas, surtout dans la Sainte Liturgie, de prendre, sur l'unique table de la parole de Dieu et du Corps du Christ, le pain de vie pour l'offrir aux fidèles » (DV 21 et cf. DV 26).
Un domaine ouvert à la recherche
Donc, si nous voulons être des disciples attentifs et fidèles au Concile, nous devons tous donner une importance nouvelle et grande à la Sainte Ecriture, à son écoute surtout, maintenant que la réforme liturgique a donné tant de place et tant d'honneur à la parole de Dieu. Il ne suffit pas d'écouter, il faut méditer, c'est-à-dire assimiler. Donc la lecture de la S. Ecriture est nécessaire, et nécessaire son étude. Nous rencontrerons beaucoup de difficultés, mais pour celui qui étudie en priant (« orent ut intelligant », qu'ils prient pour comprendre, disait S. augustin, De doctr. christiana 3, 56 ; PL 34, 89), et cherche l'aide des bons exégètes guidés par l'Eglise, les difficultés deviendront un stimulant pour mieux comprendre et à la fin pour une union plus intime avec la Parole de Dieu (cf. P. martini, La Cost. Dogm. sulla Divina Riv. , pp. 417-465, L.D.C., Torino).
Voici un nouveau domaine ouvert aux chercheurs de Dieu, aux fils fidèles de l'Eglise du Concile. Nous vous exhortons à y entrer avec notre Bénédiction Apostolique.
Source: www.clerus org.
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=967989