Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon

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ami de la Miséricorde -  2023-07-10 23:32:04

Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon



7ème CONFÉRENCE : DE LA BÉATITUDE ÉTERNELLE ET DE LA VISION SURNATURELLE DE DIEU

Hæc requies mea in sæculum sæculi, hic habitabo quoniam elegi eam.
C'est le lieu de mon repos dans les siècles des siècles, j'y habiterai parce que je l'ai choisi. (Ps. CXXXI, 14).


Un jour, saint Augustin retraçait à son peuple d'Hippone les merveilles de la cité de Dieu : il le faisait d'une voix pénétrée et émue, avec cette éloquence d'or nourrie à la source des Ecritures, et qui faisait croire que c'était un ange qui parlait et non un habitant de la terre.

L'assemblée était impressionnée et ravie, elle se sentait comme transportée à ces fêtes de l’Éternité dont on lui traçait une si saisissante peinture, elle avait comme une vision de ce jour où le Seigneur ornerait les fronts fidèles d'un laurier inflétrissable.

Tout à coup, son émotion fut si forte, qu'elle éclata en gémissements,en cris d'admiration, en larmes qui coulèrent de tous les yeux. On oublia le respect dû à la majesté de l'enceinte sacrée, le silence commandé par la présence de l'orateur, et chacun appelait tout haut ce jour où, loin de toute affliction, il boiraità longs traits aux eaux de la vérité et de la vie.

Chacun tremblait que, vaincu par sa faiblesse, égaré par les séductions, il ne vînt à être frustré de la vision bienheureuse ; de toute part dans le lieu saint retentissaient ces paroles : O beau Ciel, quand te verrai-je ? Serai-je assez insensé pour te préférer des plaisirs et une fortune d'un jour ? Qui ne consentirait à t'acheter au prix des sacrifices et des travaux les plus durs ?

Augustin interrompu par ces exclamations et ces soupirs, étonné de l'effet produit par ses paroles, n'était pas moins ému que l'assemblée... ; il voulait poursuivre, continuer le tableau qu'il avait entrepris de la Jérusalem céleste, mais les sanglots de son auditoire, son propre attendrissement étouffèrent sa voix, et ses larmes, mêlées à celles de son peuple, formèrent comme un fleuve pour pleurer les tristesses de l'exil et l'éloignement de la patrie bien-aimée.

O saint Pontife, que je voudrais avoir sur mes lèvres vos pathétiques accents ! Qui nous donnera de vous faire revivre, âges d'or de la primitive Église, où l'appât des biens invisibles, les promesses de la vie future, exerçaient une si vive impression sur les âmes !

Si nos paroles n'ont pas la vertu d'ouvrir la source des pleurs, que votre espérance, que votre souvenir, cité de Dieu, élèvent du moins nos désirs , qu'ils mettent un frein et servent de contre poids à nos aspirations grossières, à l'attrait de ces milles cupidités inférieures qui nous corrompent !

Ah ! nous aimons la puissance et la gloire, nous voudrions être présents et commander en tous lieux, pourquoi donc déroger à la noblesse de nos destinées et abdiquer l'empire immortel que Dieu nous prépare ?

Nous aimons le plaisir et la joie; nous avouons que la vie nous est intolérable, si les affections et la joie n'en tempèrent les disgrâces et l'amertume ; et pourquoi alors dédaigner l'unique vrai bonheur, vouloir que la source de tout plaisir et de toute joie se tarisse pour nous avec la vie présente ?

Que les hommes dont toutes les espérances sont tournées aux choses de la terre, demandent à la nature le tribut illimité de ses dons ; qu'ils cherchent leurs jouissances et leurs gloires dans les perfectionnements indéfinis de la matière, qu'ils s'estiment heureux, parce que mille mains sont en travail pour les servir, que
mille machines et mille instruments sont en jeu pour traduire et exécuter leurs conceptions et leurs fantaisies.

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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