Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon

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ami de la Miséricorde -  2023-07-05 22:18:08

Méditation avec La Fin de Monde Présent et Mystères de la Vie Future de l'Abbé Arminjon



7ème CONFÉRENCE : DE LA BÉATITUDE ÉTERNELLE ET DE LA VISION SURNATURELLE DE DIEU

Hæc requies mea in sæculum sæculi, hic habitabo quoniam elegi eam.
C'est le lieu de mon repos dans les siècles des siècles, j'y habiterai parce que je l'ai choisi. (Ps. CXXXI, 14).


Le Ciel est le repos de l'intelligence de l'homme ; il est le repos de sa volonté et de ses affections. Nous aimerons Dieu, avons-nous dit, nous L'aimerons de cet amour dont Il s'aime Lui-même.

Mais ce qui nous épouvante souvent en cette vie, ce qui nous fait repousser le Ciel avec une sorte d'aversion et d'angoisse, c'est que nous nous figurons que, dans ce séjour, tous les attachements naturels de notre cœur disparaîtront, qu'ils seront comme anéantis et invinciblement éteints par l'exubérance victorieuse de l'amour dont nous serons enflammés pour le Créateur...

Ah ! tout le Christianisme proteste contre cette erreur. Et comment la religion de Jésus-Christ condamnant d'une voix si sévère, nos ingratitudes, nos égoïsmes, nos insensibilités, mettrait-elle pour condition aux célestes récompenses, l'extinction de toutes les amitiés nobles et légitimes ?

Comment l'amour mutuel de l'époux pour son épouse, du père pour son fils, dont Dieu nous fait en cette vie un devoir, serait-il exclu des éléments de notre éternelle couronne ?

Cette Église du Ciel où tous nos sentiments seront épurés, où toutes nos tendances et nos aspirations naturelles seront portées au degré le plus surhumain de perfection, serait fondée sur la ruine de tous nos engagements de cœur, de tous nos souvenirs et de toutes nos relations de famille ?

A Dieu ne plaise ! Ce que nous enseignons comme certain, c'est qu'au Ciel l'on se verra et l'on se reconnaîtra. Tel est le témoignage et le cri constant de la tradition. En Afrique, saint Cyprien, né dans le paganisme, et élevé, après sa conversion, au siège de Carthage, se sentant destiné au martyre, encourage les fidèles à braver comme lui la mort, et la leur signale comme un don et une bénédiction du Ciel.

«Hâtons-nous donc, dit-il, et courons pour voir notre Patrie et saluer nos frères, nous sommes attendus par un grand nombre de personnes qui nous sont chères ; nous sommes désirés par une foule de parents, de frères et d'enfants, qui désormais assurés de leur immortalité, conservent encore de la sollicitude pour notre salut. Allons les voir, allons les embrasser...

Et quelle joie, tout ensemble, pour eux et pour moi !» Chez les Grecs, à Constantinople, Théodore Studite, illustre confesseur de la foi, consola souvent des familles affligées ; il écrivait à un père dont tous les fils étaient morts :

«Vos enfants, ne sont pas perdus, mais ils demeurent sains et saufs pour vous, et dès que vous serez parvenu au terme de cette vie temporelle, vous les reverrez joyeux et pleins d'allégresse». Il écrivait à un homme qui venait de perdre sa femme :

«C'est auprès de Dieu que vous avez envoyé avant vous une si digne épouse. Et, qu'est-ce que vous devez chercher, maintenant ? Vous devez tâcher de la retrouver au Ciel, au moment voulu par la Providence... Sans doute, au Ciel, les époux venus de la terre, seront eux-mêmes comme des anges, et n'aspireront plus aux voluptés des sens (Mt, XXII, 30).

Mais ils goûteront les plaisirs toujours purs de l'esprit, et, comme durant leur exil terrestre ils furent une seule chair, ainsi dans la gloire ils seront un seul cœur et une seule âme, dans les délices d'une union renouvelée qui n'aura pas de fin» (RP Blot : Au ciel on se reconnaît, Quatrième lettre)

Source : livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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