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Résumé de la thèse: Le français ne vient pas du latin
1/ A Rome coexistaient 2 peuples : l’aristocratie qui parlait latin et la plèbe, qui parlait roman.
2/ La langue romane parlée par la plèbe :
- n’est pas dérivée du latin
- n’est pas un latin vulgaire
- n’est pas du bas-latin
3/ La langue romane est une langue indo-européenne au même titre que le grec, le sanskrit...
4/ Les langues romane et latine se sont imprégnées l’une de l’autre pendant toute l’histoire de Rome, sur le plan du lexique mais en rien sur le plan de la syntaxe et de la grammaire.
5/ La langue romane s’est donc latinisée sur le plan lexical donnant l’illusion d’une origine latine.
Cette illusion a été sans cesse confortée par les recherches universitaires.
6/ Les Romains apportent donc dans la conquête de l’Empire deux langues : la langue romane comme langue parlée qui deviendra la langue mère de toutes les langues romanes ; et le latin comme langue écrite, langue de l’érudition, du droit, puis de la religion dominante.
Latin vulgaire et latin classique
Deux thèses sont en présence :
- La thèse officielle qui fait dériver les langues romanes d’un latin vulgaire, thèse officielle défendue et enseignée par toutes les universités
- La thèse de Yves Cortez, qui défend l’idée que, ce qui est appelé « latin vulgaire » est en fait une langue très différente du latin, mais très proche de l’italien et qui ne dérive pas du latin.
Monsieur J.K Domene, docteur en linguistique, s’indigne dans un commentaire paru dans ce blog, que l’on puisse soutenir un point de vue qui a fait l’objet de tant et tant de publications et qui fait l’unanimité de tout temps.
Pourtant la position officielle n’est pas aussi solide qu’il y paraît.
Je pose à Jose Fernando Domene , à Michel Banniard, à Henriette Walter et à Alain Rey, entre autres représentants de l’orthodoxie, les questions très simples et très concrètes suivantes :
1 . Pourquoi en pleine apogée de l’empire romain, et à une époque où les Romains ont établi des écoles aux quatre coins de l’empire, la littérature latine dépérit et ne produit plus , que très exceptionnellement, de textes « vivants » (romans et pièces de théâtre ) ?
2 . Pourquoi les Romains ne parlent jamais de latin vulgaire, mais de langue vulgaire ? Les Romains mentionnent bien l’existence d’une langue populaire, mais pas d’un latin déformé.
3 . Pourquoi , si l’italien et le français viennent de la même langue mère, le français ressemble plus à l’italien qu’à sa langue mère, le latin ? Alors que l’une et l’autre langue auraient dû dériver chacune de la langue mère, l’une gardant des traits que l’autre n’aurait pas gardé.
J’attends sur ce point une réponse précise. Ainsi pourquoi le genre neutre , les adjectifs verbaux , la forme passive, tous les verbes déponents , etc etc…ont disparu également dans les deux langues ? Comment, dans des contextes historiques totalement différents, l’italien et le français auraient-ils pu se transformer de la même manière ?
4 . Pourquoi, en appliquant le principe très simple de la reconstruction de la langue mère, on ne remonte pas au latin ? Des linguistes de grande renommée ont déjà depuis longtemps mis ce pont en évidence.
5 . Pourquoi la grammaire grecque en 25 siècles a si peu évolué malgré que la Grèce ait été envahie pendant de nombreux siècles par des puissances étrangères.
6 . Pourquoi l’ancien français et l’espagnol ancien nous rapprochent de l’italien et non pas du latin ?
Je me contente de ces quelques questions, mais la liste de nos interrogations aurait pu s’allonger encore. Ce sont ces questions auxquelles la théorie officielle ne donne pas de réponse.
Merci aux protagonistes de la théorie officielle de répondre point par point à ces 6 questions, simplement et concrètement.
Le latin d'église
Le latin d'église, parfois appelé de façon péjorative "latin de cuisine" est le terme qui désigne le latin écrit grosso modo à partir du 2 éme siècle ap J.-C, et qui n'a pas la "pureté" du latin classique.
En fait le soi-disant "latin d'église" n'est autre que le latin écrit par des Romains qui ne parlent plus latin, mais qui parlent le "roman", c'est à dire un italien ancien qui sera la base de toutes les langues romanes, et qui donc écrivent le latin à leur façon. En d'autres termes la syntaxe du latin d'église devient presque romane. La grammaire abandonne massivement les tournures proprement latines, comme le participe présent et la proposition infinitive,au profit des propositions subordonnées relatives, qui ressemblent à des copies conformes du roman. Sont abandonnées également l'alatif absolu et l'adjectif verbal. Par ailleurs, le recours aux propositions devient la forme la plus courante , et apparait comme une traduction littérale du latin.
Notons qu'il ne s'agit pas d'une étape de l'évolution de la langue latine, qui serait intermédiaire entre le latin classique et la langue romane, car quelques érudits ont une maîtrise parfaite du latin et continuent à écrire un latin très classique.