Je n'ai pas du tout aimé le livre de Raspail
Le Forum Catholique
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JVJ - 2022-12-05 15:18:41
Je n'ai pas du tout aimé le livre de Raspail
ce qui prouve mon indépendance, car j'ai beaucoup lu cet homme et admiré son courage physique, sa façon de voir les choses.
Si le covid ne m'avait empêché d'aller à St-Roch, j'y serais allé, évidemment, avec Marion Maréchal, Villiers, Couteaux, Tesson et quelques rares personnes indépendantes.
Ce livre est un roman et ne dit rien de la fin qui puisse être certain. Il s'en éloigne même absolument. Ce n'est pas dans ce support qu'on ira trouver quelque chose d'avéré. Roman (qui n'est pas vendu à Kergonan dont la librairie pourtant est assez orientée) !
Il y a trop de choses sans aucune crédibilité.
Il parle de "messe à blanc", au lieu ce me semble de "messe blanche" p. 151.
p. 128 : "le curé de Bief demeurait prêtre, en dépit de la suspense a divinis, même aggravée par l'interdit" (Raspail se flatte d'avoir été aidé par l'abbé Chanut, qui l'a ramené aussi à une certaine pratique, bien. mais écrire ce passage, c'est vraiment se décentrer très largement de Desnoyers, qui a été réduit à l'état laïc moins de deux ans après ses deux crimes. Sciemment ou pas, Raspail parle donc d'autre chose et brode. Même si lui-même insiste sur la nature du roman, il aurait pu affirmer plus fermement que cela n'a aucun rapport avec la Lorraine...
le prêtre (sic) en prison bénit le corps d'un détenu qui est mort et l'a absous. "Il en avait le pouvoir" (p. 86). Fichtre ! Je connais un peu ce genre d'outrance...
On trouve aussi ceci (je suis un grand lecteur de romans et puis tout lire) sous la plume du narrateur en 1960
p. 17 "Contrairement aux moines, peu de prêtres ont du goût. En auraient-ils, que ce goût serait déplacé. C'est pourquoi, dans leur intimité domestique, sécrètent-ils la laideur matérielle, malgré la noblesse des murs qui, souvent, les abritent..."
Fin de citation.
Bof.
Raspail commence fort en parlant à la première page de l'ancienne abbatiale St-Saturnin des XIe-XIIe s., dans le style roman cistercien. On peut espérer qu'il n'utilisait pas wikipedia, mais des guides verts...
Le premier qui me trouve une abbatiale cistercienne en dur antérieure aux années 1130/40 m'appelle d'urgence pour qu'on rédige un article dans le Bulletin Monumental et dans la revue Cîteaux. Commentarii cistercienses, dont je connais les directeurs. Mais je demande à être co-auteur de la découverte qui se situerait donc quelques mois après la fondation du Nouveau Monastère par l'abbé en fuite Robert de Molesme (diocèse de Langres) en 1098.
Il a été écrit avec de grandes facilités (malgré ses dénégations pour dire qu'il le portait depuis longtemps) et les mêmes approximations lexicales qu'il savait introduire.
La fin du livre est une confession qu'un prêtre contemporain fait à un laïc : c'est im-pen-sa-ble en raison du contenu ! Si un prêtre fort sérieux se mettait à déballer de telles choses à un laïc, il faut d'urgence le faire taire.
Il me manque sans doute deux ou trois livres de Raspail, je pense être compétent pour juger une oeuvre. La Miséricorde se rapproche un peu de Sire, mais la corde est usée.
Avez-vous acheté le recueil des hommages amicaux qu'il reçut à sa mort ? Vous pouvez l'acheter à Paris à l'excellente Librairie nouvelle.
Il se trouve aussi ses articles de presse (merci Le Figaro) introuvables, dans lesquels il essayait d'intéresser à Louis XVI, par exemple. Cette lecture ne fait pas mal à la tête. Il serait bien que ce grand éditeur soit payé de retour pour cette publication courageuse...
Raspail a aussi été accueilli régulièrement par Valeurs Actuelles, ce qui ne m'a pas surpris.
En lisant ce recueil, j'ai lu après le livre qui l'a le plus marqué : Le village oublié, de Theodor Kröger.
Il loua aussi très tôt les chanoines de Lagrasse et leur liturgie.
Royalistes honnêtes et ouverts, à lire absolument ! Et il est venu à la Tradition par Dom Gérard.
Les légitimistes ont essayé de se l'approprier à sa mort, peine perdue.
Magnifique livre pour le coup, qui aurait pu aussi s'appeler "Au soir de notre civilisation".
Raspail n'était pas un royaliste et un catholique de salon. Il a mouillé la chemise en marchant et en naviguant très jeune, comme Kessel. Et "Le camp des saints" est un livre à offrir.
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