Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu
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ami de la Miséricorde - 2022-09-04 00:22:45
Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu
CHAPITRE XIII
Suite du discours commencé
Disons encore ce qui a déjà été dit. Il n'y a point de joie pareille à celle de devenir la fable du monde, l'opprobre des hommes et l'abjection du peuple, à servir de jouet dans les compagnies, à être le sujet des railleries des villes entières, à être cruellement déchiré par les les outrageuses calomnies dans les provinces, dans les royaumes, à être maltraité de tous côtés.
Mais après tout, il faut avouer que le comble de la joie serait d'être emprisonné, chargé de fers, et accusé faussement de tous les plus grands crimes, ensuite être condamné à la mort, et perdre la vie sur un gibet dans une place publique au milieu d'une grande ville.
Je sais bien que peu de personnes goûteront ce genre de mort : mais je sais que Jésus-Christ mon Dieu et mon maître l'a goûté, et je sais qu'il ne se peut tromper dans le goût des choses.
Je sais que ce qu'il trouve bon, est bon, quoi qu'en pensent et en disent les créatures, dont le goût est bien dépravé par la corruption du péché. Si la divine Providence permet que parmi les plus cruelles persécutions, ceux qui doivent nous soutenir et nous consoler, se retirent, c'est une nouvelle grâce : si la force que le ciel donne pour supporter avec joie les croix passe pour une hypocrisie, c'est une grâce sur grâce : si enfin de tous côtés et en quelque lieu qu'on aille, l'on ne trouve pas à mettre le pied ni reposer la tête que sur la croix, dans une privation générale de toute l'estime et de toute l'amitié des créatures, c'est le comble de la grâce.
Dans cette vue, ces sublimes états de folie apparente, qui ont fait la vocation de quelques saints, comme de saint Siméon Stylite, et du bienheureux frère Jean de Dieu, paraissent tout à fait aimables, puisqu'ils privent de l'estime des bons, aussi bien que des méchants, et laissent l'âme tout à Dieu seul : mais ces vocations sont de précieuses faveurs que le ciel accorde à bien peu de personnes. Enfin, dans le chemin de la croix l'on ne met jamais aucune borne : jamais l'on n'y dit : C'est ici qu'il faut s'arrêter.
L'adorable Jésus était comme tout abîmé dans une mer immense de toutes les croix imaginables, et cependant selon le sentiment de quelques Pères, par ces paroles : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé ? (Matth. XXVII, 46)
Il témoignait qu'il n'était pas encore satisfait de ses peines. Car ces Pères estiment qu'adressant ces paroles au Père éternel : Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m'avez-vous délaissé ? il voulait dire : Pourquoi délaissez-vous ainsi mon corps aux faiblesses de la mort ?
Que ne le fortifiez-vous par miracle, afin qu'il puisse souffrir davantage, et que ses tourments soient continuels. Je n'ai souffert que pendant trente-trois années, et je voudrais souffrir plusieurs siècles. Ô mon Dieu, mon Dieu, pourquoi me laissez-vous si tôt à la mort qui mettra la fin à toutes ces peines.
Cependant la mort étant arrivée, afin que ces désirs aient au moins en quelque manière leur effet, il substitue en sa place ses élus, qui achèvent d'accomplir ce qui reste de ses souffrances, comme parle le grand Apôtre.
Mais entre tous les saints, la reine de tous les saints a achevé d'une manière incomparable ce qui reste des peines de son Fils. Elle pouvait donc bien dire avec Jérémie : Il m'a remplie d'amertume et m'a enivrée d'absinthe, il a tendu son arc, et j'ai servi de but à ses flèches qu'il a jetées dans mon cur, il n'y avait point de fin à mes souffrances. (Thren., III, 15)
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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