Paul Vigneron, Histoire des crises du clergé français contemporain (1978)
Le Forum Catholique
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JVJ - 2022-08-24 11:09:11
Paul Vigneron, Histoire des crises du clergé français contemporain (1978)
Livre très vieux et étouffe-chrétien (vous pûtes indiquer le titre dans votre message, car certains penseront qu'il s'agit d'une autobiographie de Mgr Vigano ou de la publication de ses comptes bancaires).
J'avoue ne pas avoir achevé ce pensum hérité d'une revue cléricale avec lettre d'accompagnement circonstanciée de l'auteur.
Vigneron donne une grande place "aux châteaux", ce qui avait ulcéré mon bon ami prêtre en soutane, d'autant que "les châteaux" n'existent pas du tout en maints diocèses. Posséder un château avec une chevalière aux armes non-usurpées ne rend pas plus catholique qu'un paysan sans voiture qui se rasait dans sa cuisine-salon le matin.
René Taveneaux en a donné une recension élogieuse dans la RHEF (lisible en ligne), et c'est par ce genre de lecture qu'il faut commencer. Vigneron était courageux de sortir ainsi du bois, car il n'était pas de bon ton de critiquer NNSS et le concile, de pointer l'effondrement des ordinations (dans un diocèse, dimanche dernier, retour des ADAP avec communion et intention de messes sur la feuille paroissiale ! on pensait que cette solution d'il y a vingt ans appartenait au passé).
M. Vigneron n'était pas du tout critique à l'endroit du concile et de Paul VI régnant.
L'Académie Française lui avait même remis le prix cardinal Grente pour ce livre !
Il me manque une notice biographique sur Vigneron pour savoir ce qu'il a fait dans sa vie et ce qu'il a produit par ailleurs...
On a du recul de nos jours et de la bibliographie plus enlevée pour écrire sur les périodes visées. Même Denis Pelletier et Y. Tranvouez sont désormais plus "très intéressants" que M. Vigneron. C'est dire...
Vigneron cherche aussi le temps long pour expliquer la crise qu'il voyait sous ses yeux. C'est commode pour dédouaner aussi la spécificité du vent de folie conciliaire et de la lourde responsabilité des supérieurs, des professeurs de séminaire, des théologiens, des curés qui n'ont suscité aucune vocation avant de défroquer (certes, en ayant souvent été conditionné au sacerdoce sans l'avoir demandé...). Il a fait de l'américanisme une thèse... Commode aussi de trouver des facteurs exogènes à l'effondrement français, qui me fait aussi penser à celui des Pays-Bas (lu un livre qui expliquait que ce petit pays, bi-confessionnel, envoyait des missionnaires à la pelle et avait une presse catholique que l'Italie pouvait envier, des vocations phénoménales). Avant d'enclencher la machine synodale et de faire voter son catéchisme...
Avec le temps long, on peut remonter aussi au XVe s... ou aux temps apostoliques, époque où se préparait la messe imprimée de St Pie V. Quand une femme ou un barbon me fatigue, je médite sur le péché originel et je suis tout de suite content d'avoir trouvé la clé.
Y. Chiron, que manifestement peu d'intervenants du FC ont acheté et lu, fait aussi la généalogie de "la" Tradition en remontant au XIXe s. J'ai aussi lu des inspecteurs généraux en histoire qui relient les assassinats islamistes aux anti-Lumières. Ainsi, continuum entre Chateaubriand, Maistre et un islamiste français ou tchétchène qui décapite ou poignarde. Inutile de vous dire que l'enseignement est totalement irrécupérable avec cette pravda largement partagée dans le monde universitaire (par les quatre sociétés d'historien du supérieur).
Dans l'Eglise, on sait aussi se dédouaner en renvoyant la balle à ceux qui sont morts, et quand un chef a échoué ou ne sert à rien, il ne démissionne pas, sinon pour raison de santé même quand il se porte comme un chêne. On pratique l'humilité de façade mais on aime bien tout de même son petit pouvoir, sinon sa capacité de nuisance. Quand je vois certaines photos de Mgr Aveline avec François, on voit qu'ils sont sur la même longueur d'ondes et qu'ils jubilent. Benoît XVI n'a pas eu l'audace de faire cardinal l'évêque de Fréjus-Toulon qui n'attendait pas d'enterrer ses prêtres et d'ordonner des diacres, en misant sur leur sang neuf d'outre-Méditerranée pour doper la démographie de son diocèse. Un grand ami organiste dont la maman repose à quelques mètres d'un célèbre défunt de Roquevaire, part dans les valises de l'archevêque pour sa création : je ne l'ai pas félicité, mais je lui ai demandé de bien enregistrer, photos à l'appui, les cérémonies de visite et la barrette.
On peut toujours lire des anthologies d'articles de presse de tel laïc tradi ou de tel prêtre de la même période, je ne crois pas que cela aidera à comprendre quoi que ce soit de manière suréminente. A moins de s'intéresser à l'historiographie.
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