Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu
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ami de la Miséricorde - 2022-08-23 21:56:54
Méditation avec Le saint esclavage de l'admirable Mère de Dieu
CHAPITRE XII
De l'estime et de l'amour des croix
Mais cet homme divin ne termine pas là l'honneur de la croix : il déclare que s'il avait le choix de la félicité du paradis, ou des peines de la croix, qu'il quitterait volontiers le ciel pour souffrir pour le Dieu du ciel, et qu'il préfèrerait les cachots et les prisons aux premières places de l'empyrée ; qu'il aimerait mieux être renfermé dans ces lieux sombres, que d'être auprès du trône de Dieu en la compagnie des premiers séraphins.
Il poursuit, et ne fait difficulté de dire qu'il estime le divin Paul plus heureux d'avoir été emprisonné, que d'avoir été ravi jusqu'au troisième ciel : qu'au reste, si Dieu avait mis en sa liberté d'être ou l'ange qui délivra Pierre de ses chaînes, ou saint Pierre chargé de fers, il aurait sans doute préféré l'ignominie du prince des Apôtres à la félicité de cet esprit bienheureux, parce qu'après tout il fait plus d'état d'être maltraité de Jésus-Christ par la participation de sa croix, que d'être honoré de ce roi du ciel et de la terre.
Commander aux démons, continue ce grand patriarche, donner le branle et le mouvement à tous les éléments, arrêter le soleil, sont choses qui sont moindres que l'honneur des souffrances. Nous apprenons, dit-il encore, que saint Paul, tout garrotté qu'il était, par une force miraculeuse brisait les chaînes de ceux qui étaient en sa compagnie, et que comme la mort de Notre-Seigneur a anéanti la mort, de même ces glorieuses chaînes donnaient la liberté à tous les captifs. (Act. XVI, 26)
C'était une chose admirable de voir cet Apôtre des nations que l'on conduisait dans un navire, qui du milieu de ses fers délivrait des naufrages, apaisait les tempêtes, commandait aux vents et aux orages, et à qui les mers obéissaient (Act. XXVII) : aussi prend-il pour l'une de ses plus honorables qualités Paul le captif ou l'enchaîné, mettant le plus haut point d'honneur dans les liens, et les regardant comme les plus illustres marques du christianisme.
Ce n'est pas tout, car il proteste (Galat. VI, 14) qu'il ne se glorifie qu'en sa croix, où il est tellement attaché, que le monde ne le considère que comme un homme de gibet. Il y a eu des saints qui ont voulu que l'on enterrât avec eux les instruments de leurs supplices ignominieux, estimant ne pouvoir ressusciter plus glorieusement qu'avec ces signes de leurs croix.
C'est donc le grand bonheur du christianisme, que de souffrir. Notre-Seigneur, qui est la vérité même, s'en est tout à fait déclaré dans son Évangile, il n'y a plus lieu d'en douter : car que peut-on dire davantage que ce que notre maitre a déclaré à ses disciples, qu'ils seraient bienheureux lorsqu'ils seraient haïs des hommes, qu'ils en seraient chassés et avec des reproches honteux, que leur réputation en serait déchirée, qu'ils seraient bienheureux lorsque les hommes médiraient d'eux et les persécuteraient, et même lorsqu'ils en diraient toute sorte de mal.
N'a-t-il pas mis, cet aimable Dieu-Homme, la béatitude dans la pauvreté, dans les larmes, dans la faim, dans la soif, dans les persécutions ?
C'est donc une vérité de la foi, que l'on ne peut dénier sans hérésie que le bonheur des Chrétiens est dans les peines, et que les bienheureux des Chrétiens sont ceux qui sont des crucifiés, des persécutés, des abandonnés des créatures.
Bienheureux donc sont ceux qui souffrent, plus heureux ceux qui souffrent davantage ; mais très heureux ceux qui sont crucifiés de toutes parts, qui ne peuvent ou mettre le pied, ou reposer leur tête, ou appuyer leurs mains ou soutenir leurs corps que sur la croix, qui sont des croix vivantes, qui n'ont aucune partie au corps ou à l'esprit qui ne soit crucifiée.
Source : livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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