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Et les " scènes à faire " dont est semé le Défroqué passent sans peine, alors qu'on les eût crues insoutenables. Un exemple : Morand, ancien prêtre, professeur à la Sorbonne, rendu furieux par un pieux et maladroit stratagème d'un garçon qu'il a malgré lui poussé vers le séminaire, l'entraîne dans une boîte de nuit. Il vide une bouteille de blanc de blanc dans un seau à glace et, les mains étendues, prononce les paroles de la consécration. L'autre, pour éviter un possible sacrilège, boit à genoux jusqu'à la dernière goutte. Qu'une pareille péripétie non seulement ne choque pas mais souligne la grandeur et la pérennité du sacerdoce, n'est-ce pas une réussite ?
Dans le Journal d'un curé de campagne Bresson exprimait la violence d'un drame intérieur par les silences, le choix des images et leur rigoureux enchaînement. Dans le Défroqué rien de tel : point de plans " révolutionnaires ", une esthétique sans mystère. Un film d'acteurs.