On doit pouvoir se libérer d'un Concile essentiellement accommodant

Le Forum Catholique

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Scrutator Sapientiæ -  2022-05-28 10:14:56

On doit pouvoir se libérer d'un Concile essentiellement accommodant

Bonjour Semper parti,

Tout a sûrement déjà été dit sur le Concile, mais il n'a peut-être pas assez été dit que ce Concile a été un Concile essentiellement accommodant, en qu'il a rendu possible bien des accommodements, adogmatiques et liturgiques, intra-conciliaires puis post-conciliaires, qui ont été eux-mêmes propices à la transformation des structures et des relations de l'Eglise catholique.

Dans cet ordre d'idées, il est possible de distinguer entre un catholicisme intransigeant et qui essaie d'être traditionnel dans la Foi, et un catholicisme accommodant et qui a réussi à être transformateur de l'Eglise.

Il est à noter qu'à l'origine ou, en tout cas, officiellement, les accommodements et la transformation dont il est question ici devaient être avant tout ad extra, mais il est également à noter que, dès le milieu du Concile, Paul VI a fait en sorte que la dynamique d'accommodement et de transformation intra-conciliaire ne sévisse pas contre au moins trois "points d'attention", dont au moins deux ad intra, d'où ses trois encycliques de préservation de l'essentiel : Mystérium Fidei, Sacerdotalis caelibatus, Humanae vitae.

En outre, en amont du Concile Vatican II, il y a déjà eu d'autres Conciles, qui ont presque tous été à caractère disciplinaire et/ou à caractère dogmatique, et qui ont presque tous débouché sur des condamnations et/ou des définitions.

Sous cet angle-là, force est de constater que Vatican II est bien moins régulateur que libérateur, ou plutôt libératoire, sinon à l'égard de la Tradition elle-même, du moins vis-à-vis de la conception de la Tradition et de la relation à la Tradition qui ont eu cours, pour le dire rapidement, au moins de la composante monastique à la composante tridentine de la Tradition. Cela devrait faire réfléchir.

Les hommes en noir s'interrogent sur ce qui est régulateur, au sein du christianisme catholique contemporain ; il ne tient qu'à eux et il ne tient qu'à nous de prendre appui, dans toute la mesure du possible, sur le Catéchisme de l'Eglise catholique de 1992, qui ne se réduit certes pas à un Catéchisme du Concile Vatican II, comme le fait remarquer l'abbé Guelfucci, ou sur le Compendium du Catéchisme de 2005, pour le cas où la longueur du CEC poserait un problème, signalé par Jean-Pierre Maugendre.

Enfin, l'abbé Célier évoque un précédent intéressant, celui de l'échec du Concile de Latran V, notamment voire surtout pour des raisons contextuelles. Or, compte tenu de ce qu'ont été les années 1960, dans l'Eglise catholique et dans le monde contemporain, il est tout à fait possible que l'échec du Concile Vatican II soit dû, non seulement à un vice de conception et à des défauts de fabrication, mais aussi à des raisons contextuelles qui ont contribué à sa mauvaise réception.

De toute façon, depuis mars 2013, le doute n'est plus permis sur le fait que le Concile Vatican II rend possible l'inscription, dans son sillage, d'un néo-catholicisme, anomique ad intra et cosmogame ad extra, qui ne peut que donner raison à ceux qui considèrent que l'intransigeance est et sera toujours préférable aux accommodements, a fortiori quand ceux-ci sont imposés avec de la démagogie et du despotisme.

Bonne journée.

Scrutator.
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