Un effet de l'auto-destitution de l'autorité des papes depuis 1962.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2022-05-11 08:37:53
Un effet de l'auto-destitution de l'autorité des papes depuis 1962.
Bonjour,
L'auto-destitution de l'autorité des papes depuis 1962 constitue l'une des caractéristiques fondamentales de la dynamique qui est à l'oeuvre depuis le début du Concile.
En gros, les papes s'expriment de moins en moins d'une manière ouvertement définitoire ou régulatrice, et d'une manière ouvertement condamnatrice ou sanctionnatrice, dans le cadre leur enseignement sur la foi catholique et sur la morale chrétienne, mais aussi dans celui de leur enseignement sur la liturgie et les sacrements : ce qui est conforme à l'enseignement officiel de l'Eglise est plus mollement proposé ou suggéré que fermement imposé ou rappelé, et les abus ou les excès sont déplorés, quand ils le sont, mais leurs auteurs ne sont presque jamais recadres ou sanctionnés.
Par ailleurs, les papes du Concile et ceux de l'après-Concile n'ont pas cessé d'inciter les fidèles à s'ouvrir sur le monde contemporain, sur la modernité. Or il se trouve que la présence de l'esprit critique dans presque tous les domaines, et que l'action de l'esprit critique dans presque toutes les directions, constituent l'une des caractéristiques fondamentales de la mentalité inhérente à la modernité.
Nous en arrivons ainsi à une situation assez cocasse : il semble bien que les catholiques continuateurs de ceux qui, au moyen du Concile, ont commencé à transformer l'Eglise, aient le droit de recourir à l'esprit critique, pour critiquer le catholicisme ante-conciliaire, ainsi que tout ce qui lui ressemble, parfois, dans le Magistère pontifical contemporain, mais il semble aussi que les catholiques continuateurs de ceux qui, au contact du Concile, ont commencé à préserver ou à protéger la foi, n'aient pas le droit de recourir à l'esprit critique, pour critiquer, comme il se doit, le NOM, tel qu'il a été mis en forme, et surtout tel qu'il est souvent mis en oeuvre, mais aussi pour en tirer les conclusions qui s'imposent, au point de fréquenter des lieux de culte qui fonctionnent au respect, en plénitude, de la liturgie et des sacrements de l'Eglise.
Face au panorama actuel, qui découle, en grande partie, de l'auto-destitution de leur autorité, et notamment de leur autorité sur les théologiens et les évêques, par les papes du Concile et de l'après-Concile, les papes ont le choix entre la conciliation, dans le cas de Benoît XVI, et l'autoritarisme révélateur d'une grande faiblesse des arguments sur le fond, dans le cas de François, mais sont bien obligés de reconnaître leur défaite, avant tout face au réel, et non avant tôt face aux tradis, puisque ce n'est quand même pas de la faute de ceux-ci si la réforme montinienne s'est heurtée à celui-là, faute de l'avoir pris en compte, d'une manière qui aurait dû être... traditionnelle.
La prochaine étape ? La psychiatrisation du catholique traditionnel, pathologiquement réfractaire à la poursuite de l'auto-contournement, de l'auto-deconstruction, de l'auto-dépassement et de l'auto-destitution du catholicisme depuis 1962, mais alors, sous l'angle de l'absence éventuelle d'aliénation mentale, que dire des catholiques artisans et partisans de cette poursuite, et qui n'accordent pas plus d'autorité au Catéchisme de l'Eglise catholique de 1992 et aux encycliques de Jean-Paul II publiées dans son sillage qu'au Catéchisme de Saint Pie X ?
Bonne journée.
Scrutator.
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