persécutions polonaises et latinisation forcée

Le Forum Catholique

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Ludwik -  2022-03-23 21:47:29

persécutions polonaises et latinisation forcée

Il s'agit d'une instrumentalisation du religieux par le politique.

Il faut se rappeler que la Pologne, loin de l'image un peu misérabiliste que lui ont donné les partages successifs qu'elle a subi, a été auparavant une grande puissance: la République des deux nations, son territoire s'étant étendu jusqu'à Kiev, et de la mer baltique à la mer noire!

Lors de la renaissance de la Pologne en 1918, un certain impérialisme a lui aussi ressurgit.
Il s'est exercé particulièrement (mais pas seulement) sur les territoires de Galicie orientale et de Volhynie (actuelle Ukraine occidentale)
Pour la Pologne d'alors, le rite (byzantin versus latin) était l'ultime marqueur d'appartenance ethnique (par delà la langue, le nom, etc.).
Pour intégrer, ou mieux, assimiler il fallait alors latiniser en plus de Poloniser linguistiquement.

En 1918, Scheptiskij compte 498 de ses prêtres incarcérés par les autorités polonaises dont 46 Basiliens.
Il cite deux doyennés qui comptaient une soixantaine de prêtres avant la guerre, où il ne reste que cinq prêtres!!(après les exécutions autrichiennes, puis russes, puis polonaises)
Ne pas oublier la terrible guerre civile polono-ukrainienne d'alors!

Après la prise de Lviv (alors Leopol) les polonais réquisitionnent le séminaire et transforme la chapelle en salle de cinéma.
Une fois la guerre terminée, les persécutions sociales perdurent.
Polonisation forcée, suppression d'écoles ukrainiennes, mais aussi fermeture de séminaires, suppression des bourses pour les étudiants en théologie, interdiction faite à l'académie théologique ukrainienne de conférer des titres universitaires, etc.
Et surtout complicité du clergé latin.

La latinisation laissa une impression désastreuse, les ukrainiens qui voulaient acheter un terrain à un polonais, obtenir un emploi, une aide à la reconstruction devait avoir un polonais comme parrain d'un enfant.. et donc que le baptême soit latin, etc.

Je vous passe les détails, et vous laisse vous reporter, par exemple, à la dernière partie du chapitre VI de la biographie de Sheptitskij (déjà citée)

A noter que ces persécutions finirent par toucher les orthodoxes présent sur ces territoires, mais qu'elles touchèrent d'abord (chronologiquement et en terme d'intensité) les gréco-catholiques. Pour des raisons évidentes, il semblait plus facile de faire changer les gens de rite que de Foi!

Bien sur, cela n'incita pas les orthodoxes à regarder avec intérêt du coté catholique, et les gréco-catholiques d'alors purent devenir plus "moscophiles", comme l'on disait alors, qu'à l'époque autrichienne.

Toutes ces mesures ne seront pas oubliées, notamment par un Stepan Bandera , fils de prêtre gréco catholique.


Une anecdote personnelle, la grand-mère de mon épouse, n'a jamais voulu comprendre pourquoi nous allions à la messe "polonaise" quand nous étions en France, en fait nous allions à la messe latine; mais pour elle le rite latin était indissociable des polonais... Et ce n'était pas une appréciation positive!
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