Rappel du Cardinal Sarah sur le jeûne du carême

Le Forum Catholique

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Abbé Frédéric Roseau (FSSP) -  2022-03-01 22:23:22

Rappel du Cardinal Sarah sur le jeûne du carême

Chers liseurs,

Nombreuses sont les oraisons du carême qui invoquent le jeûne. Et ce que la liturgie enseigne c'est le jeûne corporel comme, par exemple, la collecte du vendredi après les cendres:


Favorisez dans votre bonté, Seigneur, nous vous en supplions, les jeûnes dont nous avons commencé le cours ; afin qu’accomplissant corporellement cette observance, nous puissions aussi la poursuivre d’un cœur sincère.



La préface du carême n'est pas moins explicite:


Vous qui, par le jeûne corporel,
réprimez les vices,
élevez l’âme,
accordez la force et la récompense :



Avec le cardinal Sarah, je voudrais souligner l'importance du jeûne de nourriture corporelle. Un corps qui a faim est un corps qui se trouve plus en souffrance et plus apte à faire place à l'esprit. Un corps libéré des appétits qui lui sont naturels permet à l'esprit de se rapprocher de Dieu. Jeûner d'internet, de divertissements ou autre c'est bien mais rien ne remplace le jeûne de nourriture. Quand on se prive de se qui nous est essentiel, avec équilibre, quand on a faim, on se rend plus apte au service de Dieu.

Voici un texte du cardinal Sarah, dans son dernier livre, qui exprime très bien cela:



Pour l’éternité, p154

On rappelle souvent au début du carême que le jeune qui compte est le jeûne du cœur et de l’esprit. On insiste pour dire que le jeûne n’est pas d’abord un exercice extérieur, un exploit
. Tout cela est juste et bon. Mais on insiste tellement qu’on finit par négliger le jeûne du corps qui est le soutien du jeûne du cœur. Nous nous prenons pour des Anges et nous croyons que rappeler la vérité suffit à la mettre en pratique. Or nous avons besoin de moyens concrets. L’exemple du Christ, qui a jeûné quarante jours et quarante nuits nous invite à faire comme lui. Moïse à jeûné de façon répétée quarante jours et quarante nuits, chaque fois qu’il rencontrait Dieu « pour prendre les tables de Pierre, les tables de l’alliance que Yahvé concluait avec nous. » pendant la période du carême où la discipline ancienne souligne l’importance de la maîtrise corporelle par le jeûne, l’abstinence et les veilles nocturnes, nous sommes fortement invités à réfléchir sur ce que représente le corps humain. L’évangile appelle temple le corps de Jésus. Le temple est le lieu où l’on offre des sacrifices à Dieu, l’espace sacré où Dieu se montre et où nous pouvons le rencontrer face-à-face. Le vendredi-saint, quand le corps du fils de Dieu fut mis en croix, un sacrifice parfait, Saint et agréable à Dieu fut offert pour le pardon des péchés, et Dieu révéla alors combien il nous a aimé jusqu’au bout de l’amour, autrement dit, jusqu’à la mort. Car aimer vraiment, c’est mourir pour ce qu’on aime. Comment faisons-nous participer concrètement notre corps au temps du carême ? Comment le préparons-nous pour qu’il soit réellement le temple de Dieu ? Pourquoi donc avons-nous cessé de jeûner concrètement, corporellement ? Pourquoi n’acceptons-nous plus de nous priver de nourriture, comme Jésus l’a fait pendant quarante jours et quarante nuits ? Trouvons-nous que cette pénitence et cette mortification de notre corps sont excessives, inutiles, obsolète et inadapté à notre époque ou la production et la consommation sont signe de progrès ? Certes, nous ne devons pas nous contenter de réduire notre nourriture. Nous devons aussi et surtout nous abstenir absolument du péché, combattre nos tendances mauvaises. Il nous incombe de façon très concrète de nous renouveler quotidiennement et de nous armer pour combattre « le vieil homme qui va se corrompant au fil des convoitises décevantes, pour nous renouveler par une transformation spirituelle de nos jugements et revêtir l’homme nouveau, qui a été créé salon Dieu dans la justice et la sainteté de la vérité ». Nous devons lutter contre la routine de notre condition mortelle. Tous nous avons à travailler pour que personne ne demeure dans les vices de sa vie ancienne.



A tous je souhaite un saint carême et surtout gardons l'espérance! "Ne 8,10. ne vous attristez point, car la joie du Seigneur est notre force."
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