« A la messe, le virus de l’absentéisme s’est installé »

Le Forum Catholique

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Bernard Joustrate -  2022-02-12 15:33:50

« A la messe, le virus de l’absentéisme s’est installé »

« A la messe, le virus de l’absentéisme s’est installé »
Pour le père Philippe Brunel, curé des paroisses Sainte-Marie en Ondaine et Saint-Martin en Ondaine, les pratiques religieuses ne sont plus ce qu’elles étaient avant Covid, les confinements successifs semblent avoir été le déclencheur de nouvelles méthodes pour cultiver sa foi.

Par Le Progrès





Diriez-vous que les gens ont peur de venir à l’église ?
« Au début de la pandémie on sentait cette peur. Aujourd’hui je ne dirais pas ça, parce qu’on applique bien le protocole avec le lavage des mains au gel hydroalcoolique, et la communion est reçue dans les mains, et plus directement dans la bouche. Les gens s’espacent d’eux-mêmes pendant les messes à l’église Saint-Clément, et le lieu est assez vaste donc avec un volume d’air conséquent, presque comme si on avait des fenêtres. Ce qui n’est pas le cas pour les petites chapelles. Nos prêtres sont bien rodés maintenant. Les célébrations ont fait le plein pour Noël, comme d’habitude. On ne sait pas pourquoi, et on ne tient pas de statistiques, mais il y a des dimanches où l’église est moins fréquentée que d’autres. »

Les fidèles sont dans l’obligation de porter le masque. Cette règle est-elle bien acceptée ?
« Cela arrive, rarement, que quelqu’un ne l’a pas quand il rentre dans l’église. On le rappelle à l’ordre tout simplement. Je reste très admiratif, quand je vois qu’à chaque messe les gens suivent le protocole sans broncher. »

Qu’est-ce que cette pandémie a changé dans la fréquentation de l’église ?
« C’est plutôt un autre virus que le Covid qui s’est installé : celui de l’absentéisme. Certains qui venaient régulièrement ont pris d’autres habitudes. Ils se sont rendu compte qu’ils pouvaient cultiver leur foi de chez eux, entre autres avec la messe diffusée tous les dimanches à la télévision. Et que le ciel ne leur tombait pas sur la tête pour autant. Les personnes très âgées ont pris d’autres réflexes, c’est un reflet de la société en général qui est apparu avec le virus. Mais ça ne dit pas le désintérêt de la religion. Simplement c’est vécu autrement. Pendant la fermeture des églises, les cloches ont résonné le dimanche à 10 heures, nous demandions alors aux chrétiens de prier chez eux avec les feuillets mis à leur disposition pour qu’ils puissent garder ce lien avec leur foi. »


Avec le Covid, les fidèles ont changé leurs habitudes



La pandémie a induit de nouvelles habitudes concernant le rituel religieux. Comment la pratique catholique a-t-elle évolué ?

Depuis des mois, la pratique religieuse catholique a été soumise aux aléas de la pandémie. Églises fermées pendant le confinement, puis jauges réduites, respect des règles de distanciation… Autant de changements qui ont amené les fidèles et les officiants à s’adapter.


La messe à la télévision ou à la radio



Pendant le confinement strict, les fidèles ont suivi les messes à la télévision ou à la radio. Cela leur a permis de conserver le lien avec la communauté et a parfois induit de nouvelles formes de pratiques, au sein du cercle familial, dont certaines ont perduré. « Nous suivons régulièrement la messe à la télévision à l’Ehpad où réside notre père. Cela nous permet de partager ensemble ce moment de prières et nous apprécions de nous réunir ainsi. Nous avons aussi pris l’habitude d’instaurer des moments de prières en famille, avec nos enfants qui ne vont pas à la messe du dimanche régulièrement. C’est une autre manière de vivre notre foi, de réfléchir ensemble et en famille ». Certains fidèles, satisfaits de cette expérience, ne reviennent pas suivre la messe à l’église.

Toutefois, beaucoup préfèrent retrouver le groupe, et vivre le rituel complètement. « La messe à la télévision, c’était très pratique pendant le confinement. Mais on reste passif. Il faut faire l’effort de venir partager la cérémonie, de participer à la célébration. Pour moi, c’est important de venir à l’église, de recevoir l’eucharistie et d’être avec la communauté. J’en ai besoin, ça me fait du bien. » Pour faciliter cette participation et ce partage pendant le confinement, les églises de l’Ondaine affichaient chaque semaine des feuillets avec l’Évangile du jour et les réflexions qu’ils pouvaient suggérer, et les cloches sonnaient la messe. Ainsi, même avec la pandémie, les fidèles pouvaient vivre ensemble, en même temps ce moment fort du rituel catholique que reste la messe du dimanche.

Françoise COURBON


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