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On se représente maintenant la difficulté de la tâche de Brentano quand il prenait ses notes. A force de questions à la malade, il arrivait à avoir lui aussi une vision nette de ce qu'elle avait vu. Mais pour en arriver à ce résultat il fallait que la malade fût en état d'être interrogée. Quand elle souffrait trop fort, nous l'avons dit, le Pèlerin ne prenait que des notes. Revenu chez lui, il les développait de mémoire, puis à sa prochaine visite, si Anne-Catherine allait mieux, il lui lisait son travail. Elle approuvait un passage, en critiquait un autre. Le Pèlerin retouchait sa rédaction, la soumettait une seconde fois, une troisième fois à la visionnaire jusqu'à ce que celle-ci fût enfin satisfaite.
(...) Cependant pour appuyer nos dires sur le travail de Brentano à Dülmen, nous citerons encore le témoignage d'une personne tout à fait désintéressée. Une nièce d'Anne-Catherine a affirmé sous serment qu'étant venue passer ses vacances chez sa tante, elle a vu le Pèlerin revenir jusqu'à trois fois dans la même journée pour corriger la rédaction de certains points obscurs des visions qu'il avait recueillies.