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L’interprétation du Concile Vatican II nous avait conduits à bien évaluer l’autorité de chaque document magistériel. Il y a d’abord l’intention de l’Eglise qui se manifeste par le titre qu’elle donne à chaque texte : une déclaration ou un décret n’engage pas l’Eglise au même titre qu’une constitution. Il y a ensuite le sujet abordé : l’Eglise est infaillible quand elle parle de dogme, pas quand elle parle du monde de ce temps ou de l’islam, par exemple.
Mais ce pontificat nous amène à être attentifs en outre, comme critère d’autorité d’une affirmation, à la conformité de cette proposition avec le Magistère antérieur. J’adhère pleinement au critère ignatien, qui veut que si je vois quelque chose de noir et que l’Eglise me dit que c’est blanc, je dois croire que c’est blanc. Mais cela suppose évidemment que l’Eglise ne puisse se tromper ! Autrement, si l’Eglise me dit aujourd’hui : « Hier j’ai dit que c’était blanc, mais en fait c’était noir », alors je vois que j’ai eu tort de croire l’Eglise hier et je n’ai pas de raison de la croire aujourd’hui. Puisque l’Eglise ne peut pas se tromper, on doit considérer qu’hier elle n’a pas erré, et donc que celui-là est dans l’erreur, quel que soit son rang, qui dit le contraire de ce que l’Eglise a dit hier.