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L’inclination même de la volonté vers le Bien, s’appelle l’Amour.
L’amour se mesure à la valeur de l’objet vers lequel il se porte, et à la véhémence de son mouvement. Or, la perfection divine offre un objet sans prix : et l’action divine ne connaît point d’entrave. L’Amour de Dieu est donc infini comme tout ce qui est en Lui. C’est un acte éternel qui constitue la vie intime de Dieu et lui procure son Bonheur infini.
L’Amour de Dieu se manifeste, en dehors de Lui, dans la Création par l’action conservatrice et providentielle qui, sans cesse, maintient et gouverne les êtres.
Mais avant tout, Dieu s’aime nécessairement Lui-même. Cet amour est toute justice, toute sainteté, sans trace aucune d’égoïsme, car l’égoïsme consiste à se préférer au bien. Et Dieu, Bien suprême, en s’aimant Lui-même, donne la preuve qu’Il aime le Bien par-dessus tout. Il ne serait pas parfait, Il ne serait pas Dieu, s’Il ne s’aimait pas infiniment.
Cependant, non content de s’attacher au Bien qui existe, l’Amour est capable de le produire là où il n’est pas. C’est pourquoi Dieu aime ses créatures. Il les aime avant qu’elles existent. C’est son Amour qui leur procure tout le bien qu’elles détiennent. À l’inverse de nous qui aimons les êtres parce qu’ils sont aimables, Dieu, Lui, rend aimable ce qu’Il veut aimer. Il aime davantage les êtres les meilleurs, parce qu’Il leur a plus donné. Et parce qu’Il continue d’aimer ses créatures, Dieu les oriente vers Lui. Il ne peut mieux faire que de leur communiquer le Bien suprême.