Beaucoup ne comprennent pas que nous faisons avant tout un constat.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2021-07-24 10:18:06
Beaucoup ne comprennent pas que nous faisons avant tout un constat.
Bonjour Japhet,
Beaucoup ne comprennent pas qu'il nous arrive de faire avant tout un constat, un constat technique, le plus mesuré, objectif, précis et prudent possible.
Ils considèrent en substance qu'il est impossible, voire impensable qu'un pape soit plutôt philo-moderniste ou, comme je l'ai suggéré, dans le cas de François, plutôt philo-postmoderne, parce qu'ils considèrent qu'il est illégitime ou inapproprié qu'une appréciation négative ou polémique, MEME QUAND ELLE EST REALISTE, s'applique non seulement à "l'Evêque de Rome", mais aussi au "Souverain pontife" et surtout au "Vicaire du Christ", auquel nous devons un respect filial, et qui a été élu lors d'un conclave au cours duquel, "comme chacun le sait", et "comme dans le cas de tout conclave", l'Esprit saint a été "l'inspirateur infaillible" des cardinaux électeurs.
Mais quand j'écris que le pape François est certainement plus philo-postmoderne qu'anti-postmoderne, je m'en tiens à un constat sur son mode de raisonnement, c'est-à-dire à un constat objectif, à un constat technique, sur certaines de ses expressions et sur certaines de ses omissions, mises en forme d'une certaine manière, et mises en oeuvre sur certaines matières, ce qui ne fait pas de moi un diabolisateur de qui ou de quoi que ce soit.
A mon sens, mais ce que j'essaie d'exprimer est sûrement améliorable, ce modernisme là, ou plutôt cette mentalité philo-postmoderne, n'est pas avant tout hérétique dans l'acception classique de cette expression, mais est avant tout
- post-dogmatique ou post-orthodoxe, en direction de l'intérieur de l'Eglise,
et
- post-aléthiste ou post-véritiste, en direction de l'extérieur de l'Eglise.
Disons ici que l'on ne peut guère compter sur les docteurs et les pasteurs (néo-)catholiques philo-postmodernes pour qu'ils distinguent clairement et nettement, ne serait-ce qu'une fois par an,
- d'une part entre ce qui est porteur d'orthodoxie et ce qui est propice à l'hétérodoxie, en direction de l'intérieur de l'Eglise,
- d'une part entre la religion révélée et les religions non chrétiennes, en direction de l'extérieur de l'Eglise.
A partir de là, le danger ou le risque est que nous soyons habitués, peu à peu, par ces clercs, à être mis en présence
- d'une Eglise (néo-)catholique non seulement post-aléthiste ou post-véritiste, mais aussi de plus en plus pseudo-missionnaire,
- d'une foi (néo-)catholique non seulement post-dogmatique ou post-orthodoxe, mais aussi de plus en plus pseudo-trinitaire.
Au surplus, il y a au moins un domaine : la nouvelle conception des réflexions et des relations en direction des religions non chrétiennes, dans lequel nous pouvons nous permettre un constat objectif, technique, sur le fait que nous sommes passés, en moins d'un siècle,
- d'abord, de l'exclusivisme religieux, jusqu'à la mort de Pie XII, à l'inclusivisme interreligieux, intra-conciliaire puis surtout post-conciliaire,
- ensuite de l'inclusivisme interreligieux, certes d'abord montinien, mais ensuite et surtout wojtylien puis ratzingérien, à un "pluralisme religieux", notamment abou-dhabien et bergoglien.
En tout cas, il y a une chose dont on peut être à peu près sûr : pour un clerc philo-postmoderne, la vigilance et la résistance catholiques, au service de l'adhésion à la vérité et de l'expression de la vérité, et en présence des erreurs sur Dieu, sur l'Eglise, sur l'homme, sur le monde, ou en présence des modes de raisonnement, à caractère philosophico-théologique, propices au relativisme et au subjectivisme, n'ont quasiment aucun sens.
Pourquoi ? Eh bien,
- parce qu'une anthropologie personnaliste a débouché sur une certaine forme de "sincéritisme", d'après lequel le plus important n'est pas que la personne soit avant tout en accord avec la vérité révélée, mais soit avant tout en accord avec ses propres convictions ou croyances,
et
- parce qu'une pneumatologie inclusiviste a débouché sur une certaine forme de "perspectivisme", selon lequel c'est la réunion de toutes les religions qui concourt le mieux et le plus à la manifestation du fait que Dieu inspire les hommes.
Le développement qui précède n'a qu'un objectif : préciser ou rappeler quelle est la situation, dans toute sa gravité.
Je vous remercie pour votre patience, au contact de ce développement un peu long, et je vous souhaite une bonne journée.
Scrutator.
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