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On peut dire sans excès que le concile a rompu avec “l’extrinsécisme qui (était) la maladie du catholicisme moderne” en la matière et qui avait “fait longtemps méconnaître le plein caractère du voeu de la nature” (Congar) : “en évitant à dessein le vocabulaire des deux ordres, il a réalisé une prise de position extrêmement importante” (Mouroux)
Henri de Lubac, Entretien autour du concile Vatican II,Un recul suffisant ne nous permet-il pas aussi de voir aujourd’hui que la “philosophie séparée” de ces derniers siècles a trouvé son corrélatif en même temps que son antagoniste dans une “théologie séparée” ? Le retour aux grandes doctrines traditionnelles et notamment au thomisme semble sur ce point chose faite. Mais pendant trois siècles environ, contre les courants naturalistes de la pensée moderne et contre les confusions d’un augustinisme dévoyé, beaucoup n’avaient vu de salut que dans un fossé creusé entre la nature et le surnaturel
Henri de Lubac, Catholicisme : Les aspects sociaux du dogmeRien n’annonce chez saint Thomas la distinction que forgeront plus tard un certain nombre de théologiens thomistes entre “Dieu auteur de l’ordre naturel” et “Dieu auteur de l’ordre surnaturel”
Henri de Lubac, Surnaturel, Études historiques