Remplaçons le mot Concile par le mot chimère.
Le Forum Catholique
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Scrutator Sapientiæ - 2021-02-07 12:26:44
Remplaçons le mot Concile par le mot chimère.
Bonjour Chicoutimi,
Il serait erroné de dire que tout le corpus philosophico-théologique, notamment oecuméniste et personnaliste, qui précédé et inspiré, directement ou indirectement, le Concile Vatican II, fonctionne à l'arnaque.
De même, il serait erroné de dire que toute la doctrine et la pastorale pontificales qui ont été inspirées par le Concile et qui ont suivi Vatican II fonctionnent à l'esbroufe.
En revanche, il n'est pas erroné de dire que le mot chimère est plus approprié que le mot concile, ou Concile, pour bien comprendre à quoi fonctionne vraiment chacun des quatre textes les plus rénovateurs de Vatican II.
Non seulement ces textes sont chimériques en ce qu'ils prônent d'une manière équivoque, imprécise, optimiste, imprudente, utopique, l'exploitation d'un "potentiel de réconciliation", presque tous azimuts, entre l'Eglise catholique et son environnement extérieur.
Mais en outre les mêmes textes sont chimériques en ce qu'ils découlent d'une co-production intra-conciliaire entre la tendance philo-conciliaire "soft", qui s'est voulue seulement rénovatrice dans la continuité, et la tendance philo-conciliaire "hard", qui s'est voulue avant tout transformatrice sans la continuité, lors de la troisième puis lors de la quatrième session du Concile.
Il y a au moins deux autres raisons pour lesquelles nous sommes en présence d'une chimère que l'on appelle ou qui s'appelle Vatican II :
- d'une part, le monde contemporain, qui a commencé à s'éloigner de l'Eglise catholique, dès 1945, voire dès 1914, a continué à le faire encore plus à partir de 1960, alors que la vision du "potentiel de réconciliation" entre l'Eglise catholique et le monde contemporain qui a été mise en avant et en valeur à Vatican II repose sur des fondements, plus philosophiques que théologiques, qui datent des années 1930, et que l'on trouve notamment chez Maritain et Mounier,
- d'autre part, c'est au sein même de l'Eglise catholique que l'éloignement de bien des philosophes et de bien des théologiens vis-à-vis du Magistère officiel de l'Eglise catholique, qui a commencé dès le début des années 1930 pour continuer après 1945, a pris de l'ampleur, après la clôture du Concile, notamment au contact du nouvel âge de la théologie qui est apparu à la fin des années 1960 ou, au plus tard, au début des années 1970.
A partir de là, une question se pose : qu'est-ce qui amène des évêques à imposer à des fidèles (fidèles à quoi, du coup, au fait ?) une prise d'appui aussi durable sur une chimère, alors que cette chimère est avant tout à l'origine de bien des confusions et des divisions, et n'est pas avant tout à l'origine de davantage de fécondité spirituelle et de fidélité doctrinale ?
Réponse : la prise d'appui sur cette chimère, la référence à cette chimère, continue, aujourd'hui encore, à correspondre à un enjeu de pouvoir, dans l'Eglise catholique : qui n'est pas avec cette chimère est contre elle, mais aussi contre ceux qui, depuis l'intérieur et le sommet de la hiérarchie, sont contre le fait que l'on soit contre cette chimère.
Faute de temps, je ne développe pas mon raisonnement, mais je le confie néanmoins en l'état, en regrettant que le caractère chimérique, dans les deux sens du terme, de ce dont il est question ici, ne soit pas plus souvent mis en avant par les analystes.
Bon dimanche.
Scrutator.
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