La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2020-10-12 21:49:23
La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange
CHAPITRE VII
La prédestination de saint Joseph et son éminente sainteté
« Qui minor est inter vos, hic major est. »(Luc, IX, 48.)
Les vertus et des dons de saint Joseph
L'obscurité ne tarde pas à reparaître : Joseph, était pauvre avant d'avoir reçu le secret du Très-Haut; il devient plus pauvre encore, remarque Bossuet, lorsque Jésus vient au monde, car il vient avec son dénuement et détache de tout pour unir à Dieu.
Il n'y à point de place pour le Sauveur dans la dernière des auberges de Bethléem. Joseph doit souffrir de n'avoir rien à donner à Marie et à son Fils.
Sa confiance en Dieu se manifeste dans l'épreuve, car la persécution commence peu après la naissance de Jésus. Hérode cherche à le faire mourir. Le chef de la sainte Famille doit cacher Notre-Seigneur, partir pour un pays lointain, où nul ne le connaît et où il ne sait pas comment il pourra gagner sa vie. Il part, mettant toute sa confiance en la Providence.
Son amour de Dieu et des âmes ne cesse de grandir dans la vie cachée de Nazareth, sous l'influence constante du Verbe fait chair, foyer de grâces toujours nouvelles et toujours plus hautes pour les âmes dociles qui ne mettent pas d'obstacle à ce qu'il veut leur donner.
Nous avons dit plus haut, à propos du progrès spirituel en Marie, que l'ascension de ces âmes est uniformément accélérée, c'est-à-dire qu'elles se portent d'autant plus vite vers Dieu qu'elles se rapprochent de lui et qu'elles sont plus attirées par lui.
Cette loi de la gravitation spirituelle des âmes justes se réalisa en Joseph; la charité ne cessa de s'accroître en lui, toujours plus promptement jusqu'à sa mort; le progrès de ses dernières années fut beaucoup plus rapide que celui des premières années, car se trouvant plus près de Dieu, il était plus fortement attiré par lui.
Avec les vertus théologales grandirent aussi incessamment en lui les sept dons du Saint-Esprit, qui sont connexes avec la charité. Ceux d'intelligence et de sagesse rendaient sa foi vive de plus en plus pénétrante et savoureuse.
En des formes extrêmement simples, mais très élevées, sa contemplation se portait vers l'infinie bonté du Très-Haut. Ce fut, en sa simplicité, la contemplation surnaturelle la plus haute après celle de Marie.
Cette contemplation aimante lui était très douce, mais elle lui demandait la plus parfaite abnégation et le plus douloureux sacrifice, lorsqu'il se rappelait les paroles du vieillard Siméon : « Cet enfant sera un signe en butte à la contradiction », et celles dites à Marie : « Et vous, un glaive transpercera votre âme. »
L'acceptation du mystère de la Rédemption par la souffrance apparaissait à Joseph comme la consommation douloureuse du mystère de l'Incarnation, et il avait besoin de toute la générosité de son amour pour offrir à Dieu, en sacrifice suprême, l'Enfant Jésus et sa sainte Mère, qu'il aimait incomparablement plus que sa propre vie.
La mort de saint Joseph fut une mort privilégiée ; comme celle de la Sainte Vierge, elle fut, dit saint François de Sales, une mort d'amour[497].
Il admet aussi avec Suarez que Joseph aurait été parmi les saints qui, selon saint Matthieu (XXVII, 52 ss.), ressuscitèrent après la résurrection du Seigneur et se manifestèrent dans la ville de Jérusalem; il tient que ces résurrections ont été définitives et que Joseph est entré au ciel corps et âme.
Saint Thomas est beaucoup plus réservé sur ce point : après avoir admis que les résurrections qui ont suivi celle de Jésus étaient définitives (in Matth., XXVII, 52, et IV Sent., l. IV, dist. 42, q. l, a. 3), plus tard, examinant les raisons inverses données par saint Augustin, il trouve celles-ci beaucoup plus solides (cf. IIIa, q. 53, a. 3, ad 2).
Source : Livres-mystiques.com
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