La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange

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ami de la Miséricorde -  2020-06-21 23:15:43

La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange

CHAPITRE III

Article II

- L'AUGMENTATION CONSIDÉRABLE DE LA GRACE EN MARIE
A L'INSTANT DE L'INCARNATION

Le jour de l'Annonciation marque un très grand progrès de la grâce et de la charité en l'âme de Marie.

Les raisons de cette grande augmentation de grâce et de charité


Troisièmement, l'amour réciproque du Fils pour sa Mère et de la Mère pour son Fils confirme ce que nous venons de dire. La grâce est en effet le fruit de l'amour actif de Dieu pour la créature qu'il appelle à participer ici-bas de plus en plus à sa vie intime avant de lui don­ner l'épanouissement de la vie éternelle.

Or, si le Verbe fait chair aime tous les hommes pour lesquels il se dis­pose à donner son sang, s'il aime particulièrement les élus, et parmi eux les apôtres, qu'il va choisir comme ses ministres, et les saints, qu'il appellera au cours des âges à une grande intimité avec lui, il aime plus encore sa sainte Mère, qui va lui être plus intimement associée que personne dans l'œuvre de la régénération des âmes.

Jésus, comme Dieu, aime Marie d'un amour très spécial, qui produit en elle une surabondance de vie divine capable de déborder sur les autres âmes.

Il l'aime aussi, comme homme, et comme homme il mérite tous les effets de notre prédestination, et donc tous les effets de la pré­destination de Marie, notamment l'augmentation de la charité qui la conduit vers la plénitude finale de la vie du ciel.

Enfin ce double amour de Jésus, comme Dieu et comme homme, pour sa sainte Mère, loin de trouver en elle le moindre obstacle, y trouvait dès ici-bas la plus parfaite correspondance dans l'amour maternel qu'elle a pour lui.

Dès lors il s'épanchait généreusement en elle en une mesure que nous ne saurions apprécier et qui dépassait considérablement celle dont jouissent sur la terre les plus grands saints arrivés au sommet de la vie unitive.

Si les mères sont souvent capables d'un amour héroïque et des plus grands sacrifices pour leurs enfants expo­sés à de grandes souffrances, combien plus Marie, pour son Fils unique qu'elle aimait avec un cœur de vierge ­mère, le plus tendre et le plus pur qui fut jamais, et qu'elle aimait aussi comme son Dieu.

Elle avait pour lui, non seulement l'amour maternel d'ordre naturel, mais un amour essentiellement surnaturel, qui procédait en elle de sa charité infuse, à un degré des plus élevés, et qui ne cessait de grandir.

Comme le dit le P. E. Hugon, en parlant du temps où le corps du Sauveur s'est formé dans le sein virginal de Marie : « Un progrès sans arrêt a dû se faire en elle pendant les neuf mois, pour ainsi dire ex opere operato, par le contact permanent avec l'Auteur de la sainteté...

Si la plénitude est, déjà incompréhensible au premier instant où le Verbe se fait chair, quel degré elle a dû atteindre à la naissance de l'Enfant-Dieu!... (Ensuite) chaque fois qu'elle lui donne à boire son lait virginal, elle reçoit en échange la nourriture des grâces...

Quand elle le berce doucement et lui donne ses baisers de vierge et de mère, elle reçoit de lui le baiser de la divinité, qui la rend plus pure et plus sainte encore. » C'est ce que dit la sainte liturgie.

Lorsque ce contact physique cessera, la charité de Marie et son amour maternel surnaturel pour Jésus ne cessera pas de grandir en elle jusqu'à la mort. La grâce, loin de détruire la nature en ce qu'elle a de bon, la per­fectionne ici en une mesure qui reste pour nous inexpri­mable.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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