La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2020-06-16 22:20:58
La Mère du Sauveur et notre vie intérieure par Fr. Garrigou-Lagrange
CHAPITRE III
Article I - LE PROGRÈS SPIRITUEL EN MARIE JUSQU'A L'ANNONCIATION
Le progrès spirituel en Marie par le mérite et la prière
C'est à la lumière de ces principes certains qu'il faut considérer surtout les moments principaux de la vie terrestre de Marie, et, puisque nous parlons ici de ceux qui ont précédé l'Incarnation du Verbe, pensons à sa présentation au temple, lorsqu'elle était encore toute enfant, et aux actes qu'elle fit en y assistant aux grandes fêtes où on lisait les prophéties messianiques, notamment celles d'Isaïe, qui augmentaient sa foi, son espérance, son amour de Dieu et l'attente du Messie promis.
A quel degré pénétrait-elle déjà ces paroles du prophète (Isaie, IX, 5) sur le Sauveur à venir : « Un enfant nous est né, un fils nous a été donné ; l'empire a été posé sur ses épaules, et on lui donne pour nom : Conseiller admirable, Dieu fort, Père éternel, Prince de la paix. » La foi vive de Marie enfant, déjà si élevée, devait saisir cette parole, « Dieu fort », mieux qu'Isaie lui-même ne l'avait entendue.
Elle pénétrait déjà cette vérité que, dans cet enfant, résidera la plénitude des forces divines, et que le Messie sera un roi éternel, qui ne meurt pas et qui sera toujours le père de son peuple.
La vie de la grâce ne s'accroît pas seulement par le mérite, mais aussi par la prière qui a une force impétratoire distincte. C'est ainsi que nous demandons tous les jours de grandir dans l'amour de Dieu en disant « Notre Père, qui êtes aux cieux, que votre nom soit sanctifié, que votre règne arrive (de plus en plus en nous), que votre volonté soit faite (que vos préceptes soient observés par nous de mieux en mieux.. » L'Eglise nous fait dire aussi à la messe : « Da nobis, Domine, fidei, spei et caritatis augmentum. » Augmentez, Seigneur, notre foi, notre espérance et notre charité (XIIIe Dim. après la Pentecôte).
Après la justification, le juste peut donc obtenir l'accroissement de la vie de la grâce, et par le mérite, qui a rapport à la justice divine, comme un droit à une récompense, et par la prière, qui s'adresse à l'infinie Miséricorde.
Et la prière est d'autant plus efficace qu'elle est plus humble, plus confiante, plus persévérante et qu'elle demande d'abord, non pas les biens temporels, mais augmentation des vertus, selon la parole : « Cherchez d'abord le royaume de Dieu et sa justice, et le reste vous sera donné par surcroît. » Ainsi le juste, par une prière fervente, qui est à la fois impétratoire et méritoire, obtient souvent aussitôt plus qu'il ne mérite, c'est-à-dire non seulement l'augmentation de charité méritée, mais celle qui s'obtient spécialement par la force impétratoire de la prière distincte du mérite.
Dans le silence de la nuit, une oraison fervente, qui est en même temps une prière de demande et un mérite, obtient souvent aussitôt une très notable augmentation de charité, qui fait parfois expérimenter que Dieu est immensément bon ; il y a la une communion spirituelle qui a une saveur de vie éternelle.
Or la prière de Marie, dès son enfance, était non seulement très méritoire, mais elle avait une force impétratoire que nous ne saurions apprécier ; car elle était proportionnée à son humilité, à sa confiance, à la persévérance de sa générosité non interrompue et toujours en progrès. Elle obtenait ainsi constamment, d'après ces principes très certains, un amour de Dieu toujours plus pur et plus fort.
Elle obtenait aussi les grâces actuelles efficaces, qui ne sauraient être méritées, au moins d'un mérite de condignité, comme celle qui porte à de nouveaux actes méritoires, et comme l'inspiration spéciale, qui est le principe, par les dons, de la contemplation infuse.
C'est ce qui arrivait lorsque Marie disait, en priant, ces paroles du livre de la Sagesse, VII, 7 : « J'ai invoqué le Seigneur, et l'esprit de sagesse est venu en moi. Je l'ai préférée aux sceptres et aux couronnes, et j'ai estimé de nul prix les richesses auprès d'elle. Tout l'or du monde n'est auprès d'elle qu'un peu de sable, et l'argent, à côté d'elle, ne vaut pas plus que de la boue. »
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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