La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange
Le Forum Catholique
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ami de la Miséricorde - 2020-03-01 21:59:58
La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange
QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE
CHAPITRE III
LA PROVIDENCE ET LE DEVOIR DU MOMENT PRÉSENT
Le devoir du moment présent tel que les saints l'ont compris et la lumière qu'il contient.
Si nous savions la voir, ce n'est pas seulement l'heure de la messe, celle de l'oraison, ou de la visite au Saint Sacrement, qui serait sanctificatrice pour nous, mais toute heure de la journée prendrait son sens surnaturel, et nous rappellerait que nous sommes en marche vers l'éternité. D'où là bonne pratique qui consiste à bénir l'heure qui commence, ou à appeler sur elle la bénédiction divine.
Nous devons être à chaque instant dans l'ordre de Dieu ; il n'y a pas de moment de la journée où nous n'ayons quelque devoir à accomplir, devoir envers Dieu, ou envers le prochain, devoir au moins de patience, lorsque l'action extérieure n'est pas possible.
A chaque minute nous devons sanctifier le nom de Dieu, comme s'il n'y avait pas autre chose à attendre dans le temps, comme si à l'instant suivant nous devions entrer dans l'éternité.
Ainsi ont vécu les plus chrétiens de ceux qui pendant la dernière guerre étaient exposés à des tirs d'artillerie, qui recommençaient à intervalles de trois minutes ; ils se disaient : « dans un instant peut-être c'est la mort », et ils vivaient la minute présente dans sa relation à l'éternité.
Ainsi ont vécu les saints non seulement dans les circonstances exceptionnelles, mais dans le cours normal de leur vie, sans perdre pour ainsi dire la présence de Dieu. Or leur conduite s'éclaire par les principes de l'Évangile dont nous parlons et qui s'adressent à nous comme à eux.
L'enseignement de l'Écriture et de la théologie sur le devoir du moment présent.
Saint Paul écrivait dans la Première Épître aux Corinthiens, X, 31 : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez ou quelque autre chose que vous fassiez, faites tout pour la gloire de Dieu ». - De même aux Colossiens, III, 17 : « Quoi que ce soit que vous fassiez, en parole ou en œuvre, faites tout au nom du Seigneur Jésus, en rendant par lui des actions de grâces à Dieu le Père ».
Notre-Seigneur a dit lui-même, comme le rapporte saint Matthieu, XII, 36 : « La bouche parle de l'abondance du cœur. L'homme bon tire du bon trésor de son cœur des choses bonnes; le mauvais tire d'un mauvais trésor des choses mauvaises. Je vous le dis : au jour du jugement, les hommes rendront compte de toute parole vaine qu'ils auront dite ».
Saint Thomas montre tout le sens et la portée de cette doctrine, lorsqu'il enseigne (Ia-IIae, q. 18, a. 9) qu'il n'y a pas d'acte délibéré qui, concrètement pris hic et nunc, soit moralement indifférent; chacun de nos actes délibérés est soit bon, soit mauvais.
Pourquoi ? Parce que tout acte délibéré d'un être raisonnable doit être raisonnable, ou ordonné à une fin bonne, honnête ; et tout acte délibéré d'un chrétien doit être ordonné au moins virtuellement à Dieu. S'il en est ainsi, cet acte est bon ; s'il n'en est pas ainsi, il est mauvais. Il n'y a pas de milieu. Même nos récréations, nos divertissements, nos promenades doivent avoir une fin honnête.
Le fait d'aller se promener, abstraitement considéré, certes est indifférent. Il peut être indifférent aussi que nous allions nous promener ici plutôt que là, mais cette promenade doit avoir un but raisonnable, par exemple celui de réparer, de renouveler nos forces, pour reprendre ensuite le travail que nous devons accomplir. Par là même nos divertissements prennent un sens moral et une valeur dans la vie de l'être raisonnable.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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