Le Forum Catholique
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JVJ - 2020-02-22 18:46:33
euh... je plaisantais...
Ne prenez pas tout au pied de la lettre…
Et je dois faire partie de la même catégorie, pratiquant les deux formes de la messe romaine indistinctement (mes enfants n'ont pas encore l'âge d'atteindre les querelles des grands, et savent qu'un prêtre est un prêtre, avec cravate, clergyman, soutane ou froc bénédictin). Je le dois à Benoît XVI.
Etant les deux pieds dans l'Eglise, j'use du terme "forme extraordinaire", qui, je le sais, hérisse déjà le poil de plus d'un ici. Et je comprends l'argumentaire, mais je me cale sur Benoît XVI, désolé, et je ne peux pas faire comme si le rite pratiqué par 99 % du clergé catholique n'existait pas (même si ce rite a le chic pour se subdiviser en une myriade de rites en raison du célébrant, des latitudes, des fidèles, …).
Celui qui fera une synthèse honnête de la liturgie - disons latine pour commencer - des origines à Vatican II, du Portugal à la Pologne en passant par la Sicile et l'Islande… n'est pas encore né. Et je me méfie comme de la peste du fascicule réédité ces derniers du temps donné par le P. Bouyer sur l'évolution de l'architecture des églises. Or c'est ce genre de documents qui circula pour expliquer aux pères conciliaires, qui avaient d'autres chats à fouetter, en dix minutes, deux mille ans d'architecture.
Les synthèses coupées à la hache sont confortables pour l'esprit qui n'en demande pas davantage, mais elles sont totalement étrangères à la complexité de ce qui fut. Il y a des cathédrales sans nef ou presque (Narbonne, Beauvais) et de toutes les tailles (des plus petits en Provence ou dans les Pyrénées, à celle de Bourges…). Et pourtant, chacun est une cathédrale. Et puis que sait-on des cathédrales romanes et pré-romanes… Pas grand'chose.
Il ne faut pas être trop fixiste en ce domaine et savoir qu'on ne saura jamais grand'chose sur bien des lieux, sur bien des époques. Ceux qui veulent faire un développement harmonieux de la Cène à la messe dite dans les années 50 trompent leur monde, même s'ils sont persuadés d'y croire. Je doute que le servant fasse tinter la clochette en 800 quelque part en Europe… L'Elévation est une invention parisienne de la fin du XIIe siècle, que la papauté a étendu au siècle suivant, mais pour les paroisses desservies par des clercs séculiers. Les chartreux et tous les autres ordres un peu centralisés ont pris leur temps. L'usage de la croix sur l'autel n'est pas universel, certains autels n'en avaient pas, les Cisterciens voulaient tel métal mais pas tel autre, les Clunisiens en rajoutaient des tonnes, etc. Mais à la différence d'aujourd'hui, chaque lieu (je l'espère) s'inscrivait dans une tradition ou une réflexion qui voulait faire au mieux le culte divin. Il ne s'agissait pas de bâcler ou d'improviser. C'était un état d'esprit. C'est pourquoi entre tradis, il est malvenu, je trouve, de se moquer de l'usage de dentelles à l'ICRSP ou de la barrette ailleurs. L'essentiel est que ces clercs fassent les choses dans leur forma mentis.
On a retrouvé récemment le maître-autel de Cluny II, ce qui consiste à faire parler quatre points dans le sol censés supporter cet autel.
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