La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange

Le Forum Catholique

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ami de la Miséricorde -  2020-02-19 21:56:29

La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange

QUATRIÈME PARTIE
L'ABANDON CONFIANT A LA PROVIDENCE

CHAPITRE PREMIER
POURQUOI ET EN QUOI NOUS DEVONS NOUS ABANDONNER A DIEU

Pourquoi devons-nous nous abandonner à la divine Providence ?


Tout chrétien répondra : à cause de sa sagesse et de sa bonté. C'est bien certain, mais pour le bien entendre et éviter l'erreur quiétiste qui renonce plus ou moins à l'espérance et à la lutte nécessaire au salut, pour éviter aussi l'autre extrême : l'inquiétude, la précipitation et l'agitation fébrile et stérile, il convient d'énoncer quatre principes déjà accessibles en un sens à la raison naturelle et clairement exprimés par la Révélation dans l'Écriture. Ce sont les principes mêmes de la vraie doctrine de l'abandon, ils nous en montrent le motif.

Le premier de ces principes est celui-ci : Rien n'arrive que Dieu ne l'ait prévu de toute éternité et qu'il ne l'ait voulu ou du moins permis.

Rien n'arrive, soit dans le monde matériel, soit dans le monde spirituel, que Dieu ne l'ait prévu de toute éternité, car il ne passe pas comme nous de l'ignorance à la connaissance, et les événements ne peuvent rien lui apprendre de nouveau. Non seulement Dieu a prévu tout ce qui arrive et arrivera, mais, dans ces choses, ce qu'il y a de réel et de bon, il l'a voulu, et ce qu'il y a de mal, de désordre moral, il l'a seulement permis. La sainte Écriture, nous l'avons vu, est formelle sur ce point, qui ne laisse place à aucun doute, comme l'ont déclaré les Conciles.

Le second principe est que Dieu ne peut rien vouloir et rien permettre qu'en vue de la fin qu'il s'est proposée en créant, c'est-à-dire qu'en vue de la manifestation de sa bonté, de ses perfections infinies, et en vue de la gloire de l'Homme-Dieu, Jésus-Christ, son Fils unique. Comme le dit saint Paul, I Cor., III, 23 : « Tout est à vous, mais vous êtes au Christ, et le Christ est à Dieu : Omnia enim vestra sunt, vos autem Christi, Christus autem Dei ».
A ces deux principes s'ajoute celui-ci, formulé encore par saint Paul aux Rom., VIII, 28 : « Nous savons que toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son éternel dessein » et qui persévèrent dans son amour.

Dieu fait concourir à leur bien spirituel, non seulement les grâces qu'il leur accorde, non seulement les qualités naturelles qu'il leur a données, mais aussi les maladies, les contradictions, les échecs, jusqu'à leurs fautes, dit saint Augustin, qu'il ne permet que pour les conduire à une humilité plus vraie et par là à un amour plus pur, comme il permit le triple reniement de saint Pierre pour le rendre plus humble et plus défiant de lui-même, par là même plus fort, plus confiant en la divine Miséricorde.

Ces trois premiers principes se résument donc ainsi : « Rien n'arrive que Dieu ne l'ait prévu et voulu ou du moins permis ; il ne veut rien et ne permet rien que pour la manifestation de sa bonté et de ses perfections infinies, pour la gloire de son Fils et le bien de ceux qui l'aiment ».

Ces trois principes nous montrent que notre confiance dans la Providence ne saurait être trop filiale, trop ferme ; nous pouvons même dire qu'elle doit être aveugle, comme la foi qui porte sur les mystères non évidents, non vus, fides est de non visis ; nous sommes en effet certains d'avance que c'est au bien que la divine Providence ordonne infailliblement toutes choses, et nous sommes plus sûrs de la rectitude de ses desseins que de la droiture de nos intentions les meilleures.

Nous n'avons donc, en nous abandonnant à Dieu, rien à craindre; que de ne pas lui être assez soumis.

Mais ces derniers mots nous obligent à formuler, contre le quiétisme, un quatrième principe, non moins certain que les précédents : cet abandon ne nous dispense pas évidemment de faire ce qui est en notre pouvoir pour accomplir la volonté de Dieu signifiée par les préceptes, les conseils, les événements ; mais, quand nous avons loyalement voulu l'accomplir au jour le jour, nous pouvons et devons nous abandonner pour le reste à la volonté divine de bon plaisir, si mystérieuse soit-elle, et éviter l'inquiétude vaine et l'agitation.

Source : Livres-mystiques.com

Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de la Miséricorde
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