La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange
Le Forum Catholique
Imprimer le Fil Complet
ami de la Miséricorde - 2020-01-18 21:49:08
La Providence et la confiance en Dieu par Fr.Garrigou-Lagrange
DEUXIÈME PARTIE
LES PERFECTIONS DE DIEU QUE SA PROVIDENCE SUPPOSE
CHAPITRE VI
La sagesse divine en elle-même
Il est clair en effet, que Dieu ne peut pas mendier sa sagesse aux choses, pas plus que Beethoven ne peut s'instruire par ses propres partitions. Les choses qui arrivent ne peuvent rien apprendre au Seigneur ; mais c'est au contraire par sa connaissance féconde qu'il donne aux choses d'exister.
Comment ? En tant qu'il connaît non seulement tout ce qu'il est, mais tout ce qu'il peut et tout ce qu'il réalise, soit qu'il le réalise seul, comme lorsqu'il a créé au premier jour, soit qu'il le réalise avec nous et par nous, comme lorsqu'il nous porte à faire librement les actes que nous posons au jour le jour.
Et d'avance, dans l'unique instant de l'éternité, Dieu connaît tout ce qui sera, par exemple toutes les prières qu'il nous portera à faire librement plus tard pour obtenir les grâces qui nous sont nécessaires. Nous y reviendrons en parlant de la Providence.
La science de Dieu, loin d'être comme la nôtre causée par les choses, est donc manifestement cause des choses, qui sont les œuvres de l'art divin, du génie de Dieu.
Mais ces choses créées, Dieu les connaît-il seulement d'une façon générale et confuse, ou bien d'une façon précise, jusque dans les moindres détails ?
La révélation nous dit que « tout ce que fait l'homme, Dieu le voit » (Prov., XVI, 2) et que tous nos cheveux sont comptés, que nos moindres actes sont connus de Lui.
Comment ? C'est qu'aucun détail n'existe, que si Dieu concourt à le produire, en ce qu'il a de réel et de bon; il n'y a que le péché que Dieu ne puisse produire, car le péché comme tel est un désordre, désordre qui n'est pas de l'être, mais une privation de ce qui devrait être. La causalité divine s'étendant à tout, même aux moindres détails, la science divine s'étend elle aussi à tout; car Dieu connaît évidemment tout ce qu'il fait, tout ce qu'il concourt à produire.
Quant au péché, il ne fait que le permettre, le tolérer, en vue d'un plus grand bien. C'est par cette permission qu'il le connaît, et il le voit dans sa défaite finale, qui concourra encore à sa manière à la manifestation du bien. Nous le saisirons mieux en parlant de la Providence.
Et donc la connaissance que Dieu a de tout ce qu'il y a de réel et de bon dans le monde, vient de Lui, c'est en Lui qu'il la puise.
La sagesse divine comparée à la sagesse humaine la plus haute
Tandis que nous connaissons les choses spirituelles et divines d'en bas dans le miroir des choses sensibles, Dieu voit toutes choses d'en haut, en soi-même, dans sa causalité éminente.
Nous autres, quoi que nous fassions, sur la terre nous voyons les choses spirituelles et divines par leur reflet dans les choses matérielles; c'est ainsi que nous accordons une importance énorme à des événements matériels, comme au fait de perdre un œil, tandis que des événements spirituels d'une portée incalculable, comme dans l'ordre du bien un acte de charité et dans celui du mal un péché mortel, passent presque inaperçus.
En d'autres termes nous voyons les choses spirituelles et divines comme au crépuscule, dans l'ombre des choses sensibles; c'est, pour parler comme saint Augustin, la vision du soir.
Source : Livres-mystiques.com
Que Jésus Miséricordieux vous bénisse
ami de de la Miséricorde
http://www.leforumcatholique.org/message.php?num=885274