et en dehors du canon... romain ?

Le Forum Catholique

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JVJ -  2019-12-22 19:12:32

et en dehors du canon... romain ?

Il n'y a pas que le canon romain, et les manuscrits qui documentent la liturgie mozarabe, irlandaise, en Saxe au IXe siècle…

Même les noms de saints du canon romain ont varié. Les avertis savent de quelles récentes je veux parler.

Un sacramentaire de Tours au Xe s. ajoute après Côme et Damien, Maurice, patron de la cathédrale comme chacun sait, et ses compagnons, Denis et les siens, Corneille et Vincent, Hilaire, Martin, Grégoire, Jérôme, Augustin, Benoît, Antoine et tous les saints. Les sacramentaires francs (il suffit de lire leurs analyses) intègrent les évêques de Poitiers et de Tours, Benoît et quelques docteurs, jamais Ambroise. A Gellone (VIIIe s.), ce sont 46 noms. Il y aussi bien connu les livres à l'usage d'Hugues de Salins, archevêque de Besançon du XIe siècle, qui faillit être pape.

Les expositiones missae de l'époque romane prouvent en outre qu'on ne comprenait pas les mots et les gestes de la même façon, sans parler de la variété des textes et des rites. Les explications concurrentes et même incompatibles de ces liturges (pas liturgistes !) ne gênaient pas. Comment dès lors songer à la moindre continuité pour toutes les églises de la chrétienté, de Braga à Nicosie, sur tant de siècles, par-dessus toutes les familles religieuses ?! L'introduction progressive de l'élévation de l'hostie à partir d'un rite parisien vers 1200 doit suffire à nous convaincre que des éléments essentiels de la messe de St Pie V ne remonte pas au bas empire ! Et les chartreux, comme je l'ai écrit, ont attendu le chapitre général de 1271 pour s'y coller en ajoutant un cierge éclairé afin que les convers puissent voir la chose depuis le guichet ouvert pour l'occasion dans la clôture. Le bruit à l'élévation a aussi son histoire. Point de clochette en 900.

Le développement organique de la messe, linéaire et sans trop de vague, ne tient pas (comme Benoît XVI voulait nous convaincre d'une herméneutique de la continuité…). Cela peut marcher éventuellement pour les livres à l'usage de l'évêque de Rome (mais à mon avis, vu de nez, il risque d'y avoir de sérieuses lacunes dans les sources, jusqu'au XIIe siècle).

Ceux qui ont étudié l'histoire du Pontifical ont renoncé à lui trouver une origine apostolique ! On doit ce livre (les libelli, serait plus juste) à des clercs carolingiens du royaume de Germanie.

Je respecte profondément cette messe et ceux qui la disent, sinon je ne serais pas là.

La messe aux temps apostoliques, c'est une jolie expression, mais cela s'arrête là. La messe de toujours n'est pas une expression correcte et elle est utilisée par les ennemis de cette messe. Il faudrait dire "la messe de ma jeunesse" ou "la messe de mes aïeux", quand des gens courageux des années 70 en parlaient.
Cela me paraît aussi fumeux que de vouloir établir une continuité entre un maître-autel du XVIIIe siècle avec les autels des premiers siècles (je me demande bien où on les trouverait).

Vous avez dit récemment qu'on pouvait être sarcastique. Je ne pensais pas même l'être.
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