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Grâce au professeur Nizand, chef d’un service d’obstétrique à Strasbourg et chargé d’un rapport sur l’IVG par le gouvernement Jospin, j’apprends que tout était décidé avant même le débat et le vote ! Décidé par qui ? Par l’Église catholique qui était de fait favorable à la loi libéralisant l’avortement. Par qui le sait-il ? Par Simone Veil elle-même qui lui a confirmé que, si les évêques de France s’y étaient vraiment déclarés hostiles, la loi ne serait pas passée. D’après Israël Nizand, la hiérarchie catholique avait rencontré à plusieurs reprises Simone Veil et Valéry Giscard d’Estaing et avait donné un implicite feu vert.
"Avec l'Eglise catholique, les choses se sont mieux déroulées que j'aurais pu le craindre. (...) je me suis entretenue avec le prélat en charge de ces problèmes au sein de la hiérarchie catholique. Il n'a pas tenté de me dissuader. Il exprimait le voeu que la liberté de conscience soit assurée dans la loi et que nul ne puisse obliger un médecin ou un soignant à pratiquer une IVG. Il est vrai qu'à cette époque, l'Eglise de France était très ouverte". (page 191)
"Pour en revenir au débat avec la hiérarchie catholique, j'ai souvenir d'une rencontre, à l'époque, avec des représentants du clergé régulier destinée à examiner le problème de leur protection sociale. La réunion s'est fort bien déroulée, dans une ambiance courtoise et positive. J'en ai tiré le sentiment que les communautés religiseuses étaient peut-être plus concernées par leur régime de sécurité sociale que par l'IVG". (page 191-192)
La seule chose que j'avais négociée avec l'Église était de ne pas contraindre les médecins.