Le Forum Catholique
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Luc de Montalte - 2019-09-18 23:57:03
Erreurs manifestes
Vous n'aimez pas avoir tort, n'est-ce pas ? 
Bon tout d’abord votre exemple n’a aucun sens : les premier et second points ne sont que des conséquences tout-à-fait évidentes du dogme. Les troisième et quatrième tombent sous le sens commun. Il faudrait être stupide pour les nier ; à ce compte-là il faudrait des faits dogmatiques pour tous les actes de l’Église auxquels nous n’avons pas assisté de notre vivant, vous poussez le doute cartésien jusqu’à l’absurde (un malin génie vous obscurcirait-il la raison ?
).
Votre second point est une grossière erreur de logique : A ne prouverait pas B donc B est faux ! C’est de toute façon absurde.
Votre troisième point est plus embêtant encore puisque justement la citation que vous exhibez vous confond. Voici sa réponse entière :
Dicendum, quod aliquid potest iudicari possibile secundum se consideratum, quod relatum ad aliquid extrinsecum, impossibile invenitur. Dico ergo, quod iudicium eorum qui praesunt Ecclesiae, potest errare in quibuslibet, si personae eorum tantum respiciantur. Si vero consideretur divina providentia, quae Ecclesiam suam spiritu sancto dirigit ut non erret, sicut ipse promisit, Ioann. X, quod spiritus adveniens doceret omnem veritatem, de necessariis scilicet ad salutem; certum est quod iudicium Ecclesiae universalis errare in his quae ad fidem pertinent, impossibile est. Unde magis est standum sententiae Papae, ad quem pertinet determinare de fide, quam in iudicio profert, quam quorumlibet sapientum hominum in Scripturis opinioni; cum Caiphas, quamvis nequam, tamen quia pontifex, legatur etiam inscius prophetasse, Ioann. XI, v. 51. In aliis vero sententiis quae ad particularia facta pertinent, ut cum agitur de possessionibus, vel de criminibus, vel de huiusmodi, possibile est iudicium Ecclesiae errare propter falsos testes. Canonizatio vero sanctorum medium est inter haec duo. Quia tamen honor quem sanctis exhibemus, quaedam professio fidei est, qua sanctorum gloriam credimus, <b>pie credendum est</b>, quod nec etiam in his iudicium Ecclesiae errare possit.
Autrement dit :
Canonizatio vero sanctorum medium est inter haec duo, la canonisation tient le milieu [entre le jugement infaillible du pape sur les questions de foi et son jugement faillible dans les causes civiles et criminelles, ie. les questions de faits.]
(…) pie credendum est, il faut croire <b>pieusement</b> etc. Soit : la sainteté d’un tel ou d’un tel n’est que de foi « humaine » pour reprendre la terminologie du XVIIe siècle. Cela ne signifie pas qu’elle ne soit pas certaine pour autant, car tant que Rome apporte à la vérification de la cause des Saints un grand soin, il est moralement impossible qu’il puisse y avoir des erreurs. Mais que cette procédure soit moins bien menée, et le doute est alors permis.
Les règles strictes édictées par Benoît XIV prennent ici tout leur sens et permettent donc d’attendre un très grand degré de certitude. Que ces règles soient amoindries, et le doute devient permis ce qui est à l’évidence très dommageable pour les autorités ecclésiastiques comme nous l’observons très bien aujourd’hui.
Excellente citation donc mais qui va bel et bien dans le sens de ce que je vous expliquais. Tout comme celle de Bellarmin que vous croyez pouvoir retourner en la tronquant, ce qui est bien évidemment absurde.
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