Ce que j'écrivais en 2010

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Paterculus -  2019-05-02 10:21:36

Ce que j'écrivais en 2010

Le bon Samaritain et l’immigré


Une parabole revisitée

Le débat sur l’immigration est plombé chez les catholiques français. Si parmi eux vous émettez l’idée que, peut-être, il faudrait contrôler l’immigration, c’est tout juste si l’on ne vous traite pas de raciste. Sinon, il y a de grandes chances qu’on vous serve l’argument massue : « Mais il y a la parabole du Bon Samaritain ! »
Reprenons donc cette parabole, afin de voir ce qu’elle ne dit pas et surtout ce qu’elle dit.


Le contexte

Un jour, quelqu’un demande à Jésus quel est le premier commandement (Lc 10,25-37) et Il répond : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, et de toutes tes forces et de tout ton esprit, et ton prochain comme toi-même. » Or celui qui avait abordé Jésus était un docteur de la loi – nous dirions un théologien, mais à l’époque le discours théologique consistait surtout à distinguer le permis de l’interdit, comme encore aujourd’hui dans l’islam par exemple. Et l’une des questions majeures de cette théologie morale était à l’époque de savoir précisément quel était le commandement le plus important.
Le théologien, donc, pour expliquer qu’il ait posé une telle question, la précise : « Et qui est mon prochain ? » C’est dans ce contexte que Jésus propose la parabole du bon Samaritain.

La parabole

Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. La pente est raide, elle figure dans un relief unique au monde : Jéricho, proche de la Mer Morte, est à plusieurs centaines de mètres au-dessous du niveau de la Méditerranée, tandis que Jérusalem n’est pas loin de mille mètres au-dessus ; et la distance à vol d’oiseau est très courte entre le deux villes. D’ailleurs l’endroit est désertique, car cette pente descend vers l’Est, tandis que les vents apportant la pluie viennent de la Méditerranée, donc de l’Ouest, et ont ainsi perdu leur humidité sur les pentes occidentales des monts de Judée.
Rien d’étonnant donc à la suite : l’homme tombe dans une embuscade tendue par des brigands qui après lui avoir tout pris et l’avoir torturé le laissent à demi-mort. Deux personnages passent alors sans le secourir, deux membres du clergé du temple de Jérusalem. Il y a d’abord un prêtre, représentant le haut clergé, apte à offrir les sacrifices, dans la théorie c’est un descendant d’Aaron le frère de Moïse. Le suivant n’est qu’un lévite, membre inférieur du clergé, auxiliaire du précédent : dans la théorie il descendant de Lévi, l’un des douze fils d’Abraham et fondateur d’une des tribus d’Israël, dont Aaron lui-même est un descendant. Ces deux dignes représentants du judaïsme, dans le scénario imaginé par Jésus, voient la victime et passent leur chemin.

Survient alors notre Samaritain, qui va montrer à quel point il est bon. Pour situer le personnage, rappelons qu’un sérieux antagonisme oppose les frères ennemis, Juifs et Samaritains. Quelque neuf cents ans avant, les dix tribus du Nord de la Terre Sainte avaient fait sécession et avaient choisi la ville de Samarie comme capitale de leur nouveau royaume, rival de Jérusalem. Pour éviter que l’ancienne capitale politique garde par rapport à leurs populations leur rôle de capitale religieuse, les rois de Samarie vont créer un nouveau temple sur le Mont Garizim, avant Jérusalem sur la route des pèlerins. Ils y feront représenter la divinité par un jeune taureau qui va pervertir le culte du Dieu invisible instauré par Moïse. Lorsque les Juifs reviendront de leur déportation à Babylone, vers la fin du cinquième siècle, ils vont se heurter à l’opposition des descendants des Samaritains de jadis. Vers l’an cent, ayant secoué la tutelle des dynasties grecques installées à la suite de la conquête de la région par Alexandre le Grand, les grands-prêtres de Jérusalem étendent leur théocratie à la Samarie et, plus au Nord, à la Galilée. Or si les Galiléens retrouvent le chemin du pèlerinage vers Jérusalem, ils gardent néanmoins un farouche ressentiment à l’égard des Judéens de Jérusalem : la façon dont les Galiléens qui ont rédigé les évangiles parlent des Juifs quand Jésus a affaire aux autorités de Jérusalem est éloquente à ce sujet. A plus forte raison les Samaritains qui refusent le pèlerinage au temple de Jérusalem seront irréductibles.
Cela nous permet de comprendre à quoi pensent Jésus et ses auditeurs à l’évocation d’un Samaritain comme personnage intervenant dans la parabole : c’est un ennemi héréditaire, aux trois titres de la religion, de l’histoire et de la politique. C’est lui qui va se montrer le prochain de la victime. C’est comme si Jésus disait une nouvelle fois, à propos des autorités religieuses de Jérusalem : « Ne faites pas ce qu’ils font. » Autrement dit ne croyez pas que la charité à l’égard du prochain soit limitée par des considérations de tribu, de langue, de nation. Nous verrons toutefois que si ces considérations ne limitent pas l’exercice de la charité, rien n’indique dans la parabole qu’elles ne doivent aucunement l’influencer.
Et voici l’aide qu’apporte le Samaritain à la victime : il désinfecte ses plaies avec du vin, les soulage avec de l’huile – d’olive, donc, dans cette région – et le faisant monter sur son âne, le conduit à une auberge, paie d’avance l’aubergiste et lui promet de régler à son prochain passage le supplément éventuel.


Ce que la parabole ne veut pas dire

Pouvons-nous changer l’un ou l’autre des éléments de la parabole, pour en voir exactement la portée ? C’est l’exercice auquel nous allons nous livrer.

Donc notre Samaritain, sur son âne, arrive au virage depuis lequel il aperçoit la victime du drame. Pris de pitié, il descend de sa monture et en s’approchant, il constate qu’il n’y a pas là une seule victime, mais deux. Approchant encore, il reconnaît avec effroi, dans la deuxième victime, sa propre mère ! Or il n’a qu’un seul âne. En vérité je vous le dis, s’il ne donne pas la priorité à sa mère sur l’inconnu, c’est qu’il est un monstre.
L’enseignement de Jésus ne peut pas viser à faire de nous des monstres. La parabole signifie bien que les considérations nationales et autres ne doivent pas limiter l’exercice de la charité, elle ne signifie pas que les devoirs que nous donne l’apparition d’un nouveau prochain supprime les devoirs qu’on a envers ceux que Dieu nos a déjà donnés comme prochains. Concrètement: la présence d’étrangers sur notre sol national ne supprime pas nos devoirs à l’égard des nationaux.

Changeons un autre élément. Ainsi notre Samaritain trouve la victime, seule comme dans le scénario imaginé par Jésus. Il la soigne, la conduit à l’auberge et agit tout comme Jésus l’a indiqué. Mais voilà qu’il vient à passer à nouveau par cet endroit, qu’il y trouve une nouvelle fois la même victime. Il fait comme la première fois, mais en arrivant à l’auberge il la trouve quasiment en ruines. L’aubergiste lui explique qu’elle a été mise dans cet état par le personnage qu’il lui a amené. Alors dites-moi : l’aubergiste va-t-il l’accueillir à nouveau ? Ne va-t-il pas plutôt demander à notre Samaritain de lui payer les dégâts ?
Là encore, ce nouveau scénario n’infirme pas la portée générale de la parabole. Le bon Samaritain a eu raison de présupposer la bonne volonté de la victime et de la soigner. Mais si avec l’expérience il ne modifie pas son comportement face à cet individu, il est un imbécile.
L’enseignement de Jésus ne vise pas à faire de nous des imbéciles. La parabole ne nous dit pas que les étrangers ont tous les droits et ne sont pas soumis aux règles de la morale. Et puisque parmi les règles de la morale il y a l’obéissance aux lois du pays où l’on réside –dans la mesure, bien sûr, où ces lois ne vont pas contre la morale – il faut donc exiger que les infractions à ces lois soient punies chez les étrangers au moins comme elles le sont pour les nationaux. Pourquoi ce « au moins » ? Tout simplement parce que, lorsqu’on n’est pas chez soi, on n’a pas le droit de changer les usages contre la volonté de son hôte.
En clair, on ne peut qu’être surpris de voir des catholiques, prétendant agir au nom de l’évangile, soutenir des étrangers dans l’acte même où ils transgressent nos lois, comme l’entrée ou le séjour illégaux sur notre territoire. Ce fondamentalisme, s’il est de bon goût dans une quelconque secte de rencontre, n’a rien à voir avec la doctrine sociale de l’Eglise, qui met en valeur les corps intermédiaires : il est urgent face aux dérives du mondialisme de rappeler que la nation doit rester un de ces corps intermédiaires qui permettent à l’être humain d’exercer librement au sein de l’humanité les droits inhérents à sa dignité de personne.


Ce que la parabole veut réellement dire.

Il est clair, à ce qui précède, que la parabole du Bon Samaritain est une leçon sur la charité, précisément sur celui envers qui on doit exercer la charité. Mais à ses disciples, à qui veulent vivre de son enseignement, Jésus dit de suivre son exemple. Et son exemple c’est de se sacrifier sur la croix, car « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. »
Jésus est le véritable Bon Samaritain. Notre parabole n’a pas d’autre but que de nous faire comprendre comment l’imiter. L’homme tombé entre les mains des brigands, c’est chacun de nous, c’est Adam et sa descendance, tombés au pouvoir des démons à la suite du péché originel. Jérusalem, d’où est partie la victime, symbolise le lieu de la présence de Dieu ; au contraire, par sa proximité avec le site de Sodome, par son passé de ville dont le Seigneur a fait crouler les murailles pour ouvrir un passage à son peuple, Jéricho symbolise le lieu du péché et la résidence des démons.
Par sa croix Jésus guérit nos blessures, c’est à dire les conséquences des péchés, si nous acceptons de L’imiter et de donner notre vie pour nos frères. Le Bon Samaritain qui fait monter la victime sur son âne, c’est Jésus qui nous élève à l’intimité de sa divinité. Et l’auberge où Il nous introduit, c’est la demeure de son Père.
Il y a une autre façon de voir dans cette parabole Jésus comme modèle. Jésus peut aussi être vu comme la victime. C’est bien dans ce rôle qu’il se trouve lorsqu’il meurt sur la croix. Dés lors notre compassion active envers ceux qui souffrent, y compris les étrangers, devient une attitude vis-à-vis de Jésus qui s’est laissé condamner à notre place : « ce que vous faites au plus petit d’entre les miens, dit-Il, c’est à Moi que vous le faites. »
Car quand on lui a demandé quel est le plus grand commandement, Jésus a répondu par un double commandement, celui de l’amour envers Dieu et celui de l’amour envers le prochain : dans la morale chrétienne ces deux amours n’en font qu’un.


Plus précisément

La parabole du Bon Samaritain a donc une tout autre valeur qu’une vague allusion à des sentiments bons en apparence mais en fait imbéciles, irresponsables et même monstrueux.
La priorité nationale n’est pas un péché, tant qu’elle ne nous détourne pas de des devoirs envers les étrangers qui souffrent. Mais ces devoirs ont une limite : les intérêts légitimes des nationaux.
Les nationaux ont droit à vivre leurs valeurs. Nous avons le droit de parler chez nous notre langue nationale sans qu’une présence massive d’étrangers non assimilés la relègue au rang d’une option parmi d’autres sur le territoire national. Nous avons le droit de jouir du fruit de nos cotisations sociales sans que ceux qui n’ont jamais cotisé ne viennent plomber les comptes sociaux et finalement les détruire, au détriment d’ailleurs non seulement des nationaux eux-mêmes, mais aussi des étrangers que nous prétendons aider : cela s’appelle tuer la poule aux œufs d’or et en attendant, au-delà d’un certain seuil, c’est du vol. Ce ne sont là que deux exemples pris au hasard dans une multitude de faits très graves.
Surtout nous avons le devoir faire respecter la morale par les étrangers présents sur notre territoire. La polygamie par exemple n’est pas acceptable. On ne saurait se réclamer de l’évangile et la laisser se répandre sans réagir. On pourrait développer ce chapitre presqu’à l’infini, hélas.

Et puis pourquoi s’aveugler sur la nature des populations qui sollicitent leur admission dans la communauté nationale ? Beaucoup sont originaires de pays qui ont un lourd passé totalitaire ou terroriste, communiste ou islamiste.
Si l’on admet que les quatre ans de l’occupation a eu des conséquences néfastes pour la moralité des Français, parce qu’ayant pris l’habitude de tromper l’administration tenue par l’occupant, certains ont continué ensuite, on ne doit pas se leurrer sur les habitudes d’un grand nombre de ceux qui ont subi quarante ans de dictature marxiste. D’autre part certains viennent de pays islamistes, c'est-à-dire dominés par un islam contaminé par le communisme.
Islam et communisme ont en commun une approche utilitariste de la morale. Pour un musulman comme pour un marxiste, la guerre est un bon moyen de répandre ce qu’on considère comme la vérité. La dissimulation et le mensonge quand on est en position de faiblesse ne posent pas de problème moral. Exécuter un opposant est aussi louable pour un marxiste de type soviétique que pour un islamiste assassiner un infidèle. Il a donc été facile aux communistes d’exacerber les tendances fondamentalistes de l’islam pour en faire un outil de combat contre l’Occident. L’Union soviétique s’est effondrée, mais pas les pays musulmans pratiquant la discrimination vis-à-vis des non-musulmans.

Or face à tout cela nous sommes en situation d’extrême faiblesse. La contraception, l’avortement, l’immoralité, ont ôté tout dynamisme à notre démographie, au contraire de celle des pays d’origine de la plupart de nos immigrés. Le doute sur nos valeurs ancestrales renforce le sentiment de mépris qu’a un grand nombre de ressortissants de nos anciennes colonies depuis leur imprégnation par le marxisme. L’idéologie de l’éducation nationale fait que les enfants à l’école primaire n’apprennent plus à l’école primaire à lire, écrire et compter que par accident, ce qui handicape davantage les immigrés dont les parents ne maîtrisent pas la langue qui donne accès aux emplois les plus valorisants…
L’inertie des pouvoirs publics face à la délinquance qui va croissant dans les rangs de la jeunesse issue de l’immigration leur donne argument pour nous mépriser. Finalement tout cela se retourne contre les immigrés honnêtes, qui de bonne foi ont voulu adhérer à la bonne idée qu’ils se faisaient de la France et de ce qu’ils croyaient être nos idéaux.

Bref, une mauvaise interprétation du second volet du commandement de la charité va bientôt rendre impraticable le premier. Parce qu’on se trompe sur l’amour du prochain, l’islamiste, fort de ses contre-valeurs, se met en position d’imposer la charia au plus tôt. Déjà, il a été interdit à des jeunes de distribuer dans Paris une soupe aux pauvres, au motif qu’elle contenait du porc. Dans beaucoup de cantines scolaires, comme sur les vols d’Air France, cette viande est interdite, de fait. De quel droit les pouvoirs publics imposent-ils à toute la nation sans le moindre débat démocratique les préceptes d’une communauté minoritaire ? Les détenteurs de ce pouvoir pensent-ils que leur république sera encore laïque dans un pays devenu islamiste ? Les dignitaires chrétiens qui approuvent ou se taisent croient-ils qu’il sera encore possible dans un pays devenu wahhabite de rendre librement à Dieu un culte en vérité, c'est-à-dire en Jésus-Christ ? Il est temps de déposer les lunettes de l’idéologie et d’ouvrir les yeux.

Cf Le Salon Beige

Votre dévoué Paterculus
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