la partie finale (pour ceux et celles qui peuvent encore lire en dehors du magyar et de la langue pure de Ronsard et Victor Hugo)
Le Forum Catholique
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Luc Perrin - 2019-04-26 17:30:45
la partie finale (pour ceux et celles qui peuvent encore lire en dehors du magyar et de la langue pure de Ronsard et Victor Hugo)
Je n'ai pu suivre que deux interventions ayant aussi bien d'autres obligations professionnelles.
Un canoniste a tenté de fragiliser le canon 207-1 sur la distinction simple mais gênante dans la perspective d'une "synodalité" paritaire, diversifiée et démocratique qui est le projet sous-jacent aux contempteurs des ministres ordonnés et du sacerdoce. La thématique d'une désacralisation, mettre le "sacré" en question et sous suspicion, a été aussi un fil rouge chez plusieurs orateurs. C'est l'écho de la vague de désacralisation/déclergification des années 1965-1980 par de plus jeunes, ayant lu les mauvais livres. Là encore l'idée est de ravaler le ministre ordonné à une fonction de type sociale comme un employé dans une entreprise : on flirte constamment avec le sacerdoce universel protestant. Pour tenter de guérir un mal, on sombre dans un mal plus grand, la dérive protestante et fonctionnaliste.
L'exposé a débuté par un exercice délicat qui revenait à mettre en cause l'institution divine de l'Église afin de la rendre "réformable" ce qui semble être le souverain bien pour l'intervenant : on retrouve notre ami Alfred Loisy à la racine. Conscient qu'il s'appuyait sur un principe loisyste, notre ami a multiplié les circonvolutions et les exercices de voltige oratoire pour ne pas sombrer dans le modernisme avoué. Y-est-il parvenu ? Pas sûr.
Mme de Gaulmyn m'a en partie agréablement surpris : elle est sortie du discours convenu que tient son journal partiellement. Elle seule en 2 jours a noté :
- l'attention s'est focalisée sur "le prêtre" mais comme je l'écrivais hier, le gros maillon faible ce sont les évêques et les papes a-t-elle ajouté, sans langue de buis
- elle a relevé la faillite des procédures internes existantes du droit canonique qui n'est pas utilisé ou mal mis en oeuvre ou insuffisant.
- elle a noté la nécessité d'une plus grande transparence desdites procédures, ce qui implique que d'une manière ou d'une autre des laïcs soient partie prenante à certains stades pour garantir qu'on sorte de l'entre soi criminogène
- elle a osé employé le mot tabou (même dans son journal et plus encore pour le Pape) en H - homosexualité : relevant que tout de même les abus sont à plus de 80% sur des garçons et des adolescents (les jeunes adultes séminaristes n'ont pas été mentionnés) et que cela doit interroger.
Pour le reste, les points qu'elle a soulignés sont convenus : synodalité, oecuménisme, les femmes au pouvoir etc. Air connu.
ps. elle a indiqué, ce que j'ignorais, avoir été personnellement impliquée dans l'affaire Preynat car elle a fréquenté son presbytère et a connu, à l'époque, des garçons qui ont été ses victimes. L'un d'eux lui ayant dit plus tard : "on voyait bien sur votre visage que vous saviez ce qui se passait". Cela donne une gravité nouvelle à ce qu'elle a pu écrire récemment quant à sa tentation de quitter son journal.
Tout de même, preuve que les consignes de silence du pape François ont été bien intégrées, PAS UN INTERVENANT (allez je vais tout taper pour les Magyarophones mais je ne le ferai pas toujours par simple gain de temps), PAS UNE INTERVENANTE, aucun auditeur/aucune auditrice dans la grande salle, n'a prononcé en deux jours le nom infâme - pour le coup l'adjectif est employé à bon escient - de Théodore McCarrick.
Comme quoi la "liberté académique" capitule vite devant les injonctions "chut-chut" ...
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